Par Mamy Yves
Ratsimbazafy
– Publié le 15 Fév 2026 à 14:35

Condamnée dans l’affaire des
assistants parlementaires européens, Marine Le Pen fait face à une
possible inéligibilité. Sur RMC, les chroniqueurs des Grandes
Gueules ont ainsi évoqué le sujet.

Le procès de Marine Le Pen continue de faire réagir bien au-delà
des prétoires. Sur le plateau des
Les Grandes Gueules, sur RMC
, les chroniqueurs ont en effet
longuement débattu des conséquences judiciaires et politiques pour
la figure du Rassemblement national. Entre stratégie, symbole et
rapport de force avec la justice, les avis ont fusé.

Une bataille judiciaire
jusqu’au bout ?

Pour plusieurs intervenants, une chose est claire, l’ancienne
candidate à l’élection présidentielle ne devrait rien lâcher. Étant
elle-même avocate de formation, elle aurait, selon eux, toutes les
raisons d’utiliser l’ensemble des voies de recours à sa
disposition. Les chroniqueurs ont ainsi estimé qu’elle devait aller
« jusqu’au bout », quitte à saisir la Cour de cassation,
voire la Cour européenne des droits de l’homme si nécessaire.

Une stratégie qui rappellerait celle adoptée par Nicolas Sarkozy
dans ses propres démêlés judiciaires. L’ancien chef de l’État
n’avait pas hésité à multiplier les recours pour contester ses
condamnations, transformant ses procédures en combat politique
autant que juridique.

L’hypothèse du bracelet
électronique

Mais c’est une autre déclaration qui a particulièrement retenu
l’attention. Les chroniqueurs ont en effet évoqué l’hypothèse d’une
condamnation assortie d’un bracelet électronique. Une perspective
spectaculaire, mais pas incompatible, selon eux, avec une campagne
électorale. « Ce serait une erreur de ne pas faire campagne
même avec un bracelet électronique », ont-ils ainsi lancé sur
le plateau. Pour ces voix médiatiques, une telle situation
constituerait même un symbole fort. L’image d’une candidate
sillonnant le pays malgré une contrainte judiciaire pourrait
frapper les esprits et galvaniser ses soutiens. Dans leur analyse,
le plus iimportant serait surtout la durée d’une éventuelle
inéligibilité. Si celle-ci était inférieure à deux ans, ils jugent
qu’il serait stratégiquement incohérent de se retirer du jeu
politique.

Un enjeu politique majeur

Au-delà du cas personnel de Marine Le Pen, les débats des
Grandes Gueules traduisent l’ampleur de l’enjeu politique. Une
condamnation lourde pourrait en effet rebattre les cartes à droite
et à l’extrême droite, redistribuant les ambitions et les
stratégies internes. En revanche, une peine limitée pourrait ouvrir
la voie à une campagne sous tension, où la question judiciaire
deviendrait centrale. Entre victimisation assumée et défi à
l’institution judiciaire, la ligne serait étroite. Quoi qu’il en
soit, le message des chroniqueurs est sans ambiguïté. Face à la
tempête, la présidente du groupe RN à l’Assemblée devrait, selon
eux, transformer l’épreuve en démonstration de détermination. Un
pari risqué, mais potentiellement mobilisateur.