La mort samedi d’un jeune de 23 ans, proche de l’extrême droite, deux jours après avoir été attaqué en marge d’une conférence de l’eurodéputée de gauche radicale Rima Hassan à Lyon, suscite des réactions politiques enflammées en France. «Aujourd’hui, c’est l’ultragauche qui a tué, c’est incontestable», a déclaré dimanche le garde des Sceaux Gérald Darmanin, invité du Grand Jury sur RTL/Public Sénat/Le Figaro/M6. Et de pointer «la complaisance» du parti de la France insoumise (LFI) envers la violence politique.

Dans la même veine, le président de LR (Les Républicains, droite), Bruno Retailleau a pointé samedi la responsabilité de «l’extrême gauche», qui «tue», alors que LFI, le parti de Rima Hassan et dirigé par Jean-Luc Mélenchon, s’est défendu de toute implication. L’étudiant avait été placé jeudi dans le coma avec un pronostic vital engagé. Il est décédé de ses blessures, a annoncé samedi le parquet à l’AFP. Sa famille a appelé «au calme et à la retenue», tout en dénonçant un «crime», selon son avocat Fabien Rajon. Même appel du président français Emmanuel Macron qui a aussi dénoncé un «déferlement de violence inouï» contre le jeune homme.

Si les circonstances du drame et l’identité des agresseurs doivent encore être déterminées selon le parquet de Lyon, une source proche de l’enquête a évoqué «des échauffourées et une rixe entre des militants d’extrême droite et d’extrême gauche», comme il s’en produit «très régulièrement» dans ce secteur du centre de Lyon.

Un groupuscule très visible

Selon le collectif Némésis, le jeune homme faisait partie du service d’ordre chargé d’assurer la sécurité de ses militantes qui manifestaient contre la conférence de Rima Hassan à l’Institut d’Etudes politiques (IEP) de Lyon. Selon l’avocat de la famille, la victime n’était toutefois «ni agent de sécurité, ni membre d’un quelconque service d’ordre».

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Némésis, qui emprunte son nom à la déesse grecque de la vengeance, se présente comme une «association de protection des femmes», bien que cette revendication soit remise en question par d’autres associations féministes et des chercheurs.

Le collectif évoque la thématique des violences faites aux femmes en la liant systématiquement à l’immigration. Ce groupuscule, qui revendique quelque 300 militantes, tente de mobiliser sur les réseaux sociaux, où il compte environ 110000 followers sur Instagram et 120000 sur X. Il y répertorie notamment des affaires de violences sexuelles, insistant souvent sur la nationalité étrangère des suspects. Depuis sa création, Némésis mène des actions coups de poing, notamment dans les cortèges féministes.

«Un guet-apens méthodiquement préparé»

A Lyon, les militantes de Nemesis ont été «agressées», selon le collectif, qui a diffusé sur X une vidéo tournée près de l’IEP où l’on voit l’une des jeunes femmes se faire projeter à terre. Les hommes du service d’ordre auraient alors été «poursuivis par un groupe d’une trentaine d’antifas» et la victime aurait été «attaquée avec une extrême violence», «balayée au sol, son crâne a tapé, puis il a été lynché à coups de pied», selon le collectif Némésis.

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Une autre vidéo présumée de l’agression diffusée samedi soir par la chaîne TF1, filmée depuis un immeuble, montre une dizaine de personnes donnant des coups à trois personnes gisant à terre, dont deux parviennent à s’échapper. Pour Me Fabien Rajon, le jeune homme a été victime d’un «guet-apens, méthodiquement préparé» tendu «par des individus organisés et entraînés, en très large surnombre et armés, pour certain le visage masqué, ayant effectué des repérages préalables et disposant a priori de complicités».

Némésis affirme avoir reconnu parmi les agresseurs un collaborateur parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, qui serait un «membre actif de la Jeune Garde». La Jeune Garde, groupe antifasciste dont Raphaël Arnault est l’un des fondateurs, a été dissoute en 2025. Ce dernier a exprimé «horreur et dégoût» après l’annonce du décès, et dit souhaiter que «toute la lumière soit faite».

Rima Hassan a déclaré de son côté ne collaborer qu’avec le service d’ordre de LFI «qui n’a jamais recours à la violence et qui n’est en aucun cas impliqué dans ces affrontements». La cheffe de file du Rassemblement National (RN, extrême droite) Marine Le Pen a souhaité samedi que la justice condamne «avec la plus grande rigueur» les «barbares responsables de ce lynchage», sans désigner de coupable.

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De son côté, LFI «condamne avec la plus grande fermeté toute violence physique», a déclaré son coordinateur Manuel Bompard. Des appels à rassemblement en hommage à la victime ont été lancés pour dimanche, notamment à Montpellier (sud) et à Paris. Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a appelé samedi les préfets à «renforcer la vigilance autour des rassemblements de nature politique, ainsi qu’autour des permanences de campagne».