Cette femme, âgée de 71 ans, a été victime d’une infection nécrosante probablement contractée par ingestion d’eau du robinet. L’amibe, dont le nom scientifique est Naegleria fowleri, aurait infecté la victime alors que celle-ci se rinçait le nez avec de l’eau du robinet provenant du système d’alimentation en eau de son camping-car.
Cette amibe, terriblement mortelle, tue 97 % des personnes infectées. Elle provoque une maladie appelée méningo-encéphalite amibienne primitive (MEAP), également connue sous le nom de méningite amibienne.
Ce micro-organisme est 1 200 fois plus petit qu’une pièce de dix centimes. Il pénètre dans l’organisme par le nerf olfactif qui relie la partie supérieure du nez au cerveau. Ainsi, l’amibe bénéficie d’un accès court et direct au cerveau. L’infection est probable si l’eau contenant l’amibe pénètre par le nez. En revanche, il n’y aucun risque d’infection si l’eau contaminée est avalée par la bouche car l’acidité de l’estomac permet de détruire l’amibe. Le nez est donc la seule voie d’entrée.
L’amibe ronge littéralement le tissu cérébral
Une fois que l’amibe atteint le nerf olfactif, les symptômes apparaissent entre un et neuf jours plus tard. Le décès survient généralement dans les cinq jours suivant l’apparition des premiers symptômes. « C’est très rapide et très progressif. L’amibe ronge littéralement le tissu cérébral », explique le Dr Anjan Debnath, parasitologue à l’Université de Californie à San Diego, interrogé par le Daily Mail.
Une nécrose du cerveau et de la moelle épinière
Cette maladie se manifeste d’abord par des maux de tête, des vomissements et des nausées. Apparaissent ensuite des troubles cognitifs et de fortes douleurs au niveau des cervicales. L’infection provoque un gonflement important, puis la nécrose du cerveau et de la moelle épinière. Ce qui explique qu’elle conduise presque toujours au décès.
Dans ce cas récent survenu au Texas, la patiente a présenté les symptômes suivants : de la fièvre, des maux de tête et une altération de son état mental. Ces signes sont apparus quatre jours après avoir utilisé un dispositif d’irrigation nasale rempli d’eau du robinet contaminée. Malgré la mise en place d’un traitement, la septuagénaire a été victime de convulsions et est décédée huit jours après l’apparition des premiers symptômes.
Cette infection étant rare, elle est souvent confondue avec la méningite car les premiers symptômes sont les mêmes. Malheureusement, cela entraîne souvent un retard de diagnostic. Or, ce temps perdu pourrait être consacré au traitement du parasite. Le diagnostic de l’infection repose sur une analyse du liquide céphalo-rachidien.
Suite à ce décès, le Département de la Santé de l’État du Texas a tenu à rassurer la population entre déclarant que l’eau du robinet de la région restait potable, que la présence de l’amibe était rare et que l’infection à l’Homme ne se faisait que par voie nasale.
Des contaminations possibles dans les eaux de baignade
Aux États-Unis, quelques décès dus à l’amibe mangeuse de cerveau sont recensés chaque année. Il s’agit généralement de personnes se baignant dans des lacs et des rivières aux eaux chaudes. Le Texas figure parmi les États les plus touchés.
En 2020, un garçon de 6 ans originaire de Lake Jackson (Texas) est mort à cause d’une infection à Naegleria fowleri. La contamination aurait pu avoir lieu quand il jouait dans une aire de jeux d’eau ou par un tuyau d’arrosage à la maison. En 2023, un homme vivant en Floride est décédé après s’être rincé le nez à l’eau du robinet.

Une contamination peut se produire lors d’une baignade dans un lac ou dans un bassin alimenté par une source d’eau chaude. © Александр Пашинский, Adobe Stock
Un cas de MEAP déclaré en France en 2008
En France, un cas de MEAP a été déclaré en 2008. Un garçon de 9 ans est mort après s’être baigné dans un bassin alimenté par une source d’eau chaude, en Guadeloupe.
Dans un communiqué, l’Anses a rappelé que ces infections sont rares en France et que « le respect des conditions de mise en œuvre des traitements de désinfection actuellement autorisés pour l’eau alimentant les piscines publiques est suffisant pour empêcher le risque de contamination de l’eau par cette espèce d’amibe libre ».
Le meilleur moyen de prévenir l’infection est d’éviter d’être exposé à l’amibe N. fowleri. Pour cela, L’Anses recommande de s’abstenir de pratiquer les activités de baignade dans des eaux chaudes ou réchauffées notamment lorsque la température de l’air est élevée et le niveau de l’eau est bas.
Au Texas, où les cas de MEAP sont plus nombreux qu’en France, les autorités locales conseillent aux habitants de faire bouillir l’eau pendant au moins une minute avant de l’utiliser pour se laver le nez afin d’éliminer toute bactérie ou substance chimique nocive restante. Elles recommandent également d’éviter de se mettre de l’eau dans le nez sous la douche, dans le bain, à la piscine ou dans une piscine gonflable, de ne pas immerger la tête dans la baignoire, de ne pas laisser les enfants jouer avec les arroseurs automatiques sans surveillance et d’éviter les toboggans aquatiques.