Les
calculs rénaux
font partie de ces douleurs que beaucoup
redoutent. Ils sont décrits depuis des années comme de simples amas
de sels minéraux qui se cristallisent dans les reins quand on ne
boit pas assez ou que l »on a une
alimentation trop riche en protéine
s animales. Lorsque ces
petits « cailloux » migrent vers les voies urinaires, cela provoque
une
crise de colique néphrétique
, extrêmement douloureuse
(certaines femmes ayant connu les deux affirment que c’est aussi
douloureux que l’accouchement).

On pensait jusqu’alors que ces calculs n’avaient aucune origine
bactérienne. Et pourtant, une équipe de chercheurs de l’Université
de Californie à Los Angeles (UCLA) vient mettre au jour, dans
certains calculs dits « non infectieux », des couches de bactéries
cachées au cœur même du « caillou ». De quoi se demander si l’on
s’était trompé sur leur origine.

Des bactéries dans leur structure interne

Les infections bactériennes n’étaient jusque-là, associées qu’à
une minorité de calculs : les calculs de struvite, qui représentent
environ 10 % des cas. À l’inverse, les calculs d’oxalate de calcium
(qui représentent 90 % des cas de calculs rénaux) étaient classés
comme « non infectieux » et attribués surtout à un
déséquilibre chimique de l’urine
.

 » Nous montrons ici que les calculs d’oxalate de calcium,
contiennent des biofilms bactériens intégrés à leur structure
interne » expliquent les chercheurs de
Harvard. Ces biofilms pourraient servir d’armature autour de
laquelle les cristaux se déposent, un peu comme des barres de métal
dans le béton armé. L’étude suggère que, chez certains patients qui
refont régulièrement des calculs, une infection discrète du rein,
de l’uretère ou de la vessie pourrait entretenir ce squelette
invisible. « Ces observations pourraient expliquer la récidive des
calculs rénaux chez certains patients, ainsi que les infections
dues à la fragmentation des calculs. »

Cela ouvre la voie à de nouveaux
traitements anti-récidive

Grâce à la microscopie électronique et à la fluorescence, les
chercheurs ont pu observer des feuillets de bactéries intégrés aux
couches cristallines, faisant partie de la structure interne même
du calcul. « Cette avancée remet en cause l’idée de longue date
selon laquelle ces calculs se développent uniquement par des
processus chimiques et physiques, et montre au contraire que des
bactéries peuvent vivre à l’intérieur des calculs et contribuer
activement à leur formation », explique l’urologue Kymora Scotland,
qui a participé à l’étude. Il ajoute : « En révélant ce nouveau
mécanisme, cela ouvre la voie à de nouvelles stratégies
thérapeutiques qui ciblent l’environnement microbien des calculs
rénaux ».

Les chercheurs ont retrouvé ces signatures bactériennes y
compris chez des patients sans infection urinaire diagnostiquée.
« Nous avons trouvé un nouveau mécanisme de formation des calculs
qui peut aider à expliquer pourquoi ces calculs sont si fréquents »,
ajoute Kymora Scotland. « Ces résultats peuvent aussi aider à
expliquer les liens entre les infections urinaires récidivantes et
la formation répétée de calculs rénaux ».