Après avoir traversé l’une des affaires judiciaires les plus
éprouvantes de ces dernières années, Gisèle Pelicot
retrouve le sourire et envisage l’avenir avec légèreté.
Plusieurs mois après la fin du procès qui a marqué l’opinion
publique, elle a visiblement décidé de tourner la page.
Selon les révélations du magazine Pure People,
elle a choisi de quitter définitivement les lieux qui lui
rappellent trop de souffrances. Direction un petit coin de
paradis français, où les embruns et la douceur de vivre
ont remplacé l’atmosphère pesante des tribunaux. Et elle n’y est
pas seule.
L’exil volontaire de Gisèle Pelicot vers une destination
apaisante
Exit les rues de Mazan et l’ambiance
suffocante du palais de justice d’Avignon. Gisèle Pelicot a posé
ses valises sur l’île de Ré. Un changement radical de décor pour
celle qui est devenue malgré elle un symbole de résilience. Dans
une interview accordée au Figaro à l’occasion de
la parution de son ouvrage intitulé « Et la joie de
vivre », elle revient sur ce nouveau départ géographique et
personnel. Ce titre de livre a d’ailleurs suscité pas mal de
réactions, mais elle l’assume totalement : « Cette joie de
vivre, je pense qu’elle fait partie de mon ADN. »
Malgré tout ce qu’elle a enduré, elle refuse de se laisser
définir uniquement par les tragédies. Son objectif en écrivant ?
« Donner de l’espoir aux femmes qui, comme moi, ont pu, un jour,
se sentir démunies. » Longtemps désignée comme une
victime durant toute la procédure judiciaire qui a vu
Dominique Pelicot condamné à vingt ans de prison, Gisèle Pelicot
affirme aujourd’hui son envie de changer de statut : « Durant
toute la procédure, on m’a qualifiée de victime. Aujourd’hui, je ne
veux plus de ce statut. » Coucher son histoire sur le papier a
été libérateur : « J’ai mis mon âme à nu dans ce livre »,
confie-t-elle.
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Gisèle
Pelicot a écrit ce livre pour que la honte change de camp.
La rencontre inattendue qui a bouleversé la vie de Gisèle
Pelicot
C’est sur cette île paisible qu’un événement
qu’elle n’attendait plus s’est produit : elle est tombée amoureuse.
Gisèle Pelicot ne cache pas sa surprise face à ce
rebondissement sentimental : « Je vis sur l’île de Ré avec mon
nouveau compagnon. Je n’ai jamais pensé que je pourrais retomber
amoureuse. » La rencontre s’est faite de manière très
naturelle, « par des amis communs ». L’homme qui partage
désormais son quotidien a lui aussi connu des épreuves.
« Il m’a raconté qu’il avait perdu sa femme après l’avoir
accompagnée durant de longs mois de maladie. Son histoire m’a
touchée. Nos drames nous ont rapprochés », raconte-t-elle.
Cette compréhension mutuelle a créé un lien
particulier entre eux : « Nous n’imaginions pas qu’à
nos âges, il nous soit donné d’aimer à nouveau. » Voilà
comment, Gisèle Pelicot redécouvre des émotions qu’elle pensait ne
plus jamais ressentir.
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Gisèle
Pelicot ne se cache plus derrière ses lunettes, elle ne veut plus
être une victime.
Les défis actuels que doit encore
affronter Gisèle Pelicot
Si le cœur a retrouvé sa place, le corps garde les traces du
passé. « J’ai subi une intervention en novembre »,
dévoile-t-elle, faisant allusion aux séquelles physiques
laissées par les violences qu’elle a subies. D’autres
examens médicaux sont encore programmés dans les mois à venir.
Malgré cela, elle se définit comme « une femme apaisée » et
se réjouit : « J’entre dans ma 74ᵉ année et j’ai la chance
d’être en bonne santé. »
Sur le plan familial, la situation reste plus délicate. Son fils
Florian demeure un pilier : « Mon fils Florian est toujours à
mes côtés. » Avec sa fille Caroline, les choses sont plus
compliquées. « Elle est en souffrance », reconnaît-elle,
évoquant les images insoutenables révélées pendant le procès.
Elle garde néanmoins l’espoir de retrouver l’unité
familiale : « J’espère qu’un jour, on arrivera à se
retrouver tous ensemble. » Pour l’avenir, Gisèle Pelicot a un souhait
simple mais essentiel : « Avoir une vie sereine et
apaisée. » Mais elle ajoute une nuance importante qui en dit
long sur son parcours : « Le combat continue… Le plus intime :
celui que je mène pour m’autoriser à être heureuse. »