l’essentiel
Le rapport d’enquête final sur la catastrophe aérienne ayant fait 260 morts le 12 juin 2025 en Inde s’apprête à conclure à une action humaine intentionnelle. D’après les experts, le commandant de bord a coupé volontairement les interrupteurs de carburant des deux moteurs, juste après le décollage.
Le dénouement approche. Alors qu’une enquête a été diligentée pour faire la lumière sur les circonstances du crash du Boeing 787 d’Air India, survenu le 12 juin dernier, les conclusions inculpent le commandant de bord. Il aurait délibérément « éteint les moteurs » juste après le décollage.
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Écartant la piste d’une défaillance technique, les enquêteurs sont certains que l’avion s’est écrasé près de l’aéroport international d’Ahmedabad en raison de la coupure des interrupteurs de carburant. Ces derniers alimentaient les deux moteurs du Boeing. Moins d’une minute après son décollage, à 13h40, l’appareil qui devait atterrir à Londres s’est précipité au sol contre des logements et des bureaux. C’est le bilan le plus lourd pour une catastrophe de ce type en Inde avec 260 morts.
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Le commandant de bord mis en cause
Si le rapport préliminaire avait conclu que l’appareil avait été privé de la poussée de ses deux moteurs, les enquêteurs ont remarqué, grâce aux boîtes noires, que les interrupteurs de carburant avaient été déplacés de la position « run » (marche) à « cutoff » (coupé). À partir des enregistrements, ils ont également découvert une discussion entre les deux commandants de bord : « Pourquoi as-tu coupé le moteur ? », demande l’un. « Ce n’est pas moi », lui répond le second.
Des preuves qui mettent en cause le commandant de bord Sumeet Sabharwal. Âgé de 56 ans, il s’apprêtait à prendre sa retraite au moment des faits. Il souffrait de dépression, malgré un examen psychologique réussi, en septembre 2024. Avec plus de 15 000 heures de vol dont 8 000 à bord du Boeing 787, Sumeet Sabharwal était considéré comme un « pilote exceptionnel » par son employeur. Les autorités de New Dehli, pour qui l’aérien est une vitrine, se sont montrées peu enclines à reconnaître la responsabilité humaine délibérée, elle qui sous-entend une faille dans le contrôle de ses pilotes.