Âgée de 48 ans, Anita Mishra voit sa galerie comme une nouvelle aventure.

Âgée de 48 ans, Anita Mishra voit sa galerie comme une nouvelle aventure.

Philippe Ménard / SO

La gérante de la galerie y a suspendu sa collection personnelle et planté un lit au milieu pour se mettre dans l’ambiance. « On ne parle que d’amour ! Cela fait partie de la vie, tempère la maîtresse des lieux. Je suis très pudique, en fait. Ce qui est magnifique, c’est que, peu importe le sujet, on peut tout montrer. »

« Comme un collectionneur »

Le mot « vibrer » revient souvent dans sa bouche. Issue de la région parisienne, Anita Mishra, 48 ans, s’est installée à Saintes il y a dix ans. Artistiquement, elle s’épanouit dans le « tufting », une technique de fabrication textile. De 2017 à 2024, elle a travaillé comme « community manager » pour la société Lyspackaging. Quand celle-ci a mis la clé sous la porte, elle a ouvert sa galerie, Art Lab 17, conçu comme « un espace d’exploration des arts ». « J’ai un noyau d’artistes que je veux promouvoir, ainsi que mon propre travail. J’aime présenter une exposition telle que pourrait la vivre un collectionneur », pose-t-elle.

Karine Salmieri explique explorer avant tout « l’intime ».

Karine Salmieri explique explorer avant tout « l’intime ».

Philippe Ménard / SO

Karine Salmieri fait partie de cette palette de talents. Basée à Chaniers, cette Royannaise d’origine met en scène des personnages sans visages mais aux corps bouillonnants. « Je travaille sur l’intime. L’érotisme en fait partie. Je pars de « grabouilles », puis le mental parle. J’accueille tout ce qui passe par ma main, cela peut aller très loin. C’est une façon d’avancer sur moi-même », commente l’artiste de 48 ans.

Parigot-Angérien

Elle a mis dans la boucle Jean-Pierre Ceytaire, dont elle avait apprécié les œuvres au musée de l’Érotisme à Paris. Le peintre est « plus que Parisien, Montmartrois », mais il a aussi élu domicile à Saint-Jean-d’Angély depuis 2019. « Je voulais acheter un hôtel particulier, je me suis rabattu sur une maison idéalement placé à deux pas du marché. Ce que recherche le Parigot de base », sourit celui qui fêtera bientôt ses 80 ans.

Lassé de Paris, Jean-Pierre Ceytaire a adopté la Charente-Maritime depuis sept ans.

Lassé de Paris, Jean-Pierre Ceytaire a adopté la Charente-Maritime depuis sept ans.

Philippe Ménard / SO

« J’ai eu plein de reconversions. C’est toujours par l’art que je revis »

Son œil pétille en évoquant son goût pour la licence. « On ne peut concevoir la vie autrement que par le désir, les plaisirs… » Sa griffe est connue dans le monde de l’érotisme mais cela lui va très bien de passer inaperçu en Charente-Maritime. Il a volontiers accepté l’invitation de la galerie, et ce concept de vernissage très expérimental. Anita Mishra savoure. « J’ai eu plein de reconversions. C’est toujours par l’art que je revis. Je ne suis pas toute seule dans cette aventure. On tente des expériences. J’adore ce lieu, j’espère qu’il va vivre. On ne fait que prendre du plaisir. »