Deux pétitions totalisant plus de 1 200 signatures dénoncent des trajets rallongés, une baisse de fréquence et un impact sur les commerces et l’accès à l’Université Paul-Valéry de Montpellier. Une nouvelle navette sera mise en place à partir du 2 mars

Pour certains riverains, l’arrivée de la ligne 5 de tramway, le 20 décembre dernier, n’est pas vue d’un très bon œil. Depuis sa mise en place, quelques itinéraires de bus ont été modifiés pour le plus grand malheur de leurs habitués. C’est notamment le cas dans le quartier du Plan des Quatre Seigneurs.

Les habitants se plaignent de la suppression du tracé des navettes A et B, remplacées par la ligne 13, qui ne dessert pas tous les arrêts du quartier. Tandis que les lignes de bus 23 (Montferrier-sur-Lez / Prades-le-Lez – Occitanie) et 26 (Cirad Baillarguet – Occitanie) ont maintenant comme terminus la ligne 5 de tramway aux arrêts Clapiers et Montferrier-sur-Lez.

« Je mets 40 à 50 minutes au lieu de 20 »

Contre ce changement, deux pétitions ont été lancées. La première pour « rétablir les navettes afin de mieux desservir le trajet jusqu’à l’université Paul-Valéry », tandis que la seconde réclame la « préservation des lignes 23 et 26 ». Elles cumulent à elles deux plus de 1 200 signatures aujourd’hui.

Pour certains, les trajets sont rallongés, comme pour Céline Pincet, enseignante au lycée Nevers, dans le quartier Boutonnet. « Je mettais 20 minutes. Maintenant, je mets 40 à 50 minutes. Avec la navette, je descendais, je prenais la ligne 1 de tramway pendant 2 ou 3 arrêts et j’y étais », regrette-t-elle. « On est entre les deux lignes de tram (1 et 5), avec une grande pente, ce n’est pas possible. Les médecins perdent aussi du monde, parce que beaucoup de gens venaient en prenant la navette », assure-t-elle.

« C’est inadmissible »

Sur internet, on peut lire plusieurs dizaines de commentaires se plaignant du manque de fréquence des bus. « L’absence de navette rajoute 20 minutes pour aller au centre-ville et les gens du Plan ne peuvent plus aller à la grande entrée de la fac des sciences, chez les commerçants, médecins, kinés qui se trouvent en face de celle-ci, au lycée Agropolis. Tout doit se faire à pied, avec une sacrée montée au milieu. Pour un quartier de personnes âgées et d’étudiants, c’est inadmissible », déclare l’un d’eux.

Céline Pincet certifie : « Les gens montaient et descendaient du Plan des Quatre Seigneurs. Avec les navettes et les lignes, on avait un bus toutes les 6 minutes. »

Commerces impactés

Les commerces sont également impactés, à commencer par la boulangerie. « Avant, les élèves du lycée Frédéric-Bazille montaient pour manger. Maintenant, ils ne le font plus. Ils sont obligés d’aller jusqu’à Saint-Éloi pour prendre un autre bus et remonter. Le midi, la baisse est radicale. L’après-midi, toutes les personnes âgées qui prenaient le bus pour monter ne peuvent plus. En tout, j’ai 20 à 30 % de chiffre d’affaires en moins », estime la boulangère, Emelyn Holanda Barroso. Entre correspondances rallongées, pentes à gravir et bus moins fréquents, beaucoup ont le sentiment d’avoir perdu en accessibilité ce qu’ils ont gagné en modernité.

Une navette à partir du 2 mars

Julie Frêche concède un changement. « Avec l’arrivée de la ligne 5, ce n’est pas qu’il y a moins de bus, c’est juste que les lignes sont différentes. On a bien entendu les doléances des habitants, notamment pour les personnes âgées. Le sujet, ce n’est pas tant la distance à parcourir pour rejoindre la place Paul-Parguel, mais c’est le fait que ça soit une pente. C’est vrai que c’est compliqué », explique la vice-présidente déléguée aux transports à la Métropole.

« On va mettre en place une navette entre la place Eugène-Bataillon et la place Paul-Parguel, à partir du 2 mars. C’est une solution de très court terme, pour qu’on ait le temps vraiment d’observer toutes les modifications qu’on a opérées sur le secteur nord de la ville », dévoile l’élue. La navette sera accessible tous les jours de 6 h 30 à 20 h avec une fréquence de 20 minutes.

« Lorsqu’on a présenté le nouveau réseau bus, on a dit qu’on ferait vraiment des points réguliers avec les équipes et qu’on est vraiment extrêmement attentifs. C’est actuellement ce qu’on fait », conclut Julie Frêche.