Posted On 16 février 2026

Faut-il qu’il se passe quelque chose de fort pour que Jean-Benoit Vigny (DL du 12/2/26) rende compte de l’ambiance recueillie au « Café de la Table Ronde », place Saint André. Les propos de comptoir sont généralement divers et donnent lieu à des affrontements. Ici le journaliste rapporte honnêtement une sorte d’unanimité chez les clients du célèbre café de Grenoble : « J’ai 92 ans et mon épouse 89. Elle sort peu, mais ces derniers jours, alors que nous étions dans Grenoble, elle s’est mise à pleurer. Elle m’a dit : “Jamais je n’ai vu Grenoble comme ça” raconte l’un d’eux.

Une phrase terrible qui décrit le désarroi et même l’angoisse qui saisit les grenoblois sur ce que leur ville est devenue. Pleurer sur sa ville quand on est l’un de ses habitants ! 


Le sondage du « Dauphiné » réalisé par Ipsos est sans appel : qui peut sérieusement penser que Laurence Ruffin changerait « en profondeur » l’action municipale

« LE CENTRE VILLE LAISSÉ À L’ABANDON »

Jean-Benoit Vigny raconte que ses interlocuteurs portent tous « envers la majorité d’Eric Piolle un jugement  sans concession, quand bien même on devine chez certains une sensibilité de gauche » .

Une autre ajoute : « Je vis ici depuis 1968 et ce sont les incivilités permanentes qui me gênent vraiment. Et regardez, tous ces commerces fermés … Avant, c’était gai, on se baladait, il y avait de l’animation partout, là c’est mortel. »

Ce n’est pas le site « militant », présenté comme caricatural qui le dit, mais les grenoblois. Une autre rebondit : « On a le sentiment que le centre-ville est laissé à l’abandon  (…) les commerces qui ouvrent c’est quoi ? Des bars, des barbers, des kebabs… ».

« C’EST TELLEMENT TRISTE, LE CENTRE-VILLE JE LE VOIS MOURIR »

Laurent qui travaille depuis 30 ans dans des débits de boissons explique : « C’est tellement triste. Ce centre-ville, je le vois mourir. Je constate beaucoup de défaillances, de redressements judiciaires, on empile les débits de boissons mais beaucoup ferment rapidement (…)  il faut des parkings extérieurs et du stationnement moins cher. Trouver une place, c’est souvent très difficile, hors de prix, alors qu’à Neyrpic aujourd’hui, le parking est gratuit et accessible. Et puis, ce n’est pas avec des bars qui ouvrent à 17 heures qu’on rend une ville vivante. »


Laurence Ruffin entourée de deux des 13 élus sortants qu’elle reconduit à ses côtés : Isabelle Peters à gauche chargée des quartiers populaires qui ont été ghettoïsés et Margot Belair, l’Adjointe à la bétonisation qui a fait de Grenoble la première grande ville pour les ilots de chaleur: stop ou encore ? (photo Place Gre’Net)

JÉRÔME BROCCARD : « CA PARLE AUTOUR DE LA BATAILLE RUFFIN/CARIGNON »

Après avoir parlé aussi de l’insécurité endémique, le journaliste oriente sur le débat électoral. On ira jusqu’à apprendre : « On sait pour qui on ne va pas voter ». Mais pas plus. Ce n’est déjà pas si mal même si on ne peut s’empêcher de penser que, s’agissant d’une municipalité de droite aussi rejetée, le journal dirait pour qui ces grenoblois  votent… 

Jérôme Broccard, le patron de la Table Ronde, une personnalité de la ville, reconnait, à propos des élections que « ça en parle un peu plus aujourd’hui autour de la bataille Laurence Ruffin – Alain Carignon. »

LA PERTE D’ACTIVITÉS EST CONSIDÉRABLE

Il évoque « surtout la perte d’activités : en face, l’ancien tribunal a fermé il y a 25 ans (… ) Et puis, ces dernières années, l’antenne-mairie a fermé place de Gordes, le marché de producteurs sur la place s’est effondré, il ne s’y passe rien à Noël, même pas une guirlande… Quant au théâtre municipal, il propose nettement moins de spectacles. Au final, ça fait beaucoup de passages en moins pour nous. » 

« AVEC LA VILLE LA DISCUSSION EST CLOSE »

Un théâtre qui a perdu 40 000 spectateurs par an depuis que la municipalité a repris la programmation directement en mains pour… « élargir les publics ». Pour Jérôme Broccard, « Le problème, c’est que l’hypercentre vit désormais surtout le soir, après 17 heures, quand les pubs ouvrent. En journée, à part le week-end, il n’y a plus personne. Quand on est commerçant, on a besoin de connaître les projets, l’avenir, les animations, mais avec la Ville la discussion est close. » .

L. RUFFIN PRÉFÈRE UN VERRE AVEC PIOLLE QU’UN ÉCHANGE À ABBAYE/JOUHAUX

Toujours cette « co-construction » qui est la marque de fabrique de Piolle/Ruffin. Cette dernière l’appelle désormais « la coopération ». Mais ça ne va pas jusqu’à discuter avec les quartiers puisqu’elle préfère un verre avec Piolle/Barnola au centre ville plutôt que de répondre à Abbaye-Jouhaux, à Berriat ou ailleurs….


Pierre dans la vidéo post sondage du DL qui explique que « la ville n’est pas attrayante, il suffit de regarder le nombre de magasins qui ferment, la ville ne s’est pas améliorée au niveau culturel , aménagement » ce qui lui donne envie de voter… Ruffin

PIERRE VOIT QUE GRENOBLE VA MAL MAIS PENSE VOTER RUFFIN

On ne sait pas si « La Table Ronde » est représentative de la température de la ville ou au moins du centre ville, mais ce ressenti là est démultiplié dans Grenoble. De droite, de gauche ou du centre, les grenoblois dont souvent la même analyse à partir de ce réel que la municipalité et Laurence Ruffin refusent.

Benoit Lagneux, lui, n’a pas trouvé un grenoblois votant Carignon, mais seulement Ruffin, Brunon ou Gerbi dans sa vidéo post sondage qu’il faut regarder pour écouter Pierre. Car ce Pierre répète bien le ressenti de la Table Ronde : « la ville n’est pas attrayante, il suffit de regarder le nombre de magasins qui ferment. la ville ne s’est pas améliorée au niveau culturel, aménagement. Il y a plein d’endroits qui ne servent plus. Le Palais des sports est sous occupé, le théâtre est sous occupé, la patinoire Clemenceau n’existe plus… ».  Mais, lui, en conséquence « pense voter Ruffin » (!) . Il n’a pas tout compris visiblement.

POURTANT RUFFIN EST « FIÈRE DE L’HÉRITAGE » DE PIOLLE 

En présentant son programme il est vrai que Laurence Ruffin n’a en effet pas cité une seule fois Piolle sachant le chiffon rouge qu’il est pour sa candidature. Mais en même temps – comme du mauvais Macron- « elle en accepte l’héritage, disant toute sa « fierté » à propos de « la première grande ville écologiste de France en 2014 » ; bien sûr, elle revendique une continuité écologique avec son prédécesseur » relevait le même Jean-Benoît Vigny (DL du 5/2/26). « Pierre » devrait s’informer un minimum…

IL EST DES GRENOBLOIS QUE L’ÉTAT DE LA VILLE FAIT PLEURER

Mais les clients de la Table Ronde, comme de nombreux grenoblois, ne ressentent pas une « fierté » particulière pour le bilan de « cette première grande ville écologiste de France ». Il en est même qui en pleurent. Mais Laurence Ruffin veut tromper en évoquant en même temps « un nouveau projet, un nouveau cycle » qui ne déroge en rien de ce qui conduit à l’état de la ville aujourd’hui. 

P


Piolle et son ex directrice de cabinet Odile Barnola, qui a appliqué la discipline et l’opacité d’une main de fer et mercredi soir avec Laurence Ruffin dans un café de l’venue Alsace Lorraine pendant la réunion des habitants du quartier Abbaye Jouhaux à laquelle Laurene Ruffin n’est pas venue

LE NOYAU DUR CONTINUE À DIRIGER LA VILLE

Elle n’a d’ailleurs affiché aucune rupture avec la politique conduite et ses réunions avec Eric Piolle et Odile Barnola qui ont tenu la politique et la majorité d’une main de fer permet de bien comprendre la manipulation.  Rappelons qu’Odile Barnola, directrice de cabinet pendant près de 12 ans a été exfiltrée discrètement avant la fin du mandat après l’affaire du prêt personnel qu’elle a consenti à Lucille Lheureux en même temps que Piolle faisait remettre au compagnon de l’adjointe au Maire une « indemnité de départ » de la même somme. C’est avec eux que Laurence Ruffin prend des verres plutôt que de répondre aux habitants du quartier Abbaye Jouhaux.

L. RUFFIN DUPLIQUE LA STORY DE PIOLLE DE 2014 

On doute que beaucoup de  grenoblois puissent être dupes de tant de cynique duplicité. Laurence Ruffin duplique la story de Piolle en 2014 : le gentil cadre du privé qui fait don de sa personne à l’écologie . Désormais c’est la PDG d’une coopérative Alma , installée depuis 20 ans sur le territoire, qui ne s’est jamais impliquée dans rien de grenoblois, qui découvre que  Grenoble est sa ville de cœur

C’EST DU CARTON-PÂTE 

Tout ça ne tient pas debout. C’est du carton-pâte. On ne doute pas à lire les sondages et à entendre Pierre qu’il demeure pas mal de gogos aptes à gober le storytelling écrit pour les duper. Mais à entendre le café du commerce, en l’occurence, le Café de la Table Ronde, l’un des plus prestigieux, des plus anciens de France fréquenté par Jean-Jacques Rousseau ou Stendhal, on peut imaginer qu’ils ne sont plus majoritaires.