Par

Jean-Marc Aubert

Publié le

16 févr. 2026 à 10h31

Après le centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone et le centre de semi-liberté de Montpellier, c’est la Structure d’accompagnement vers la sortie -SAS- implantée sur le site d’Euromédecine qui défraie la chronique.

Une fouille inopinée ce jeudi 12 février 2026 dans la cellule d’un détenu signalé par les surveillants comme suspect, a débouché sur la saisie de 100g de résine de cannabis et d’un téléphone portable qu’il dissimulait. Les gardiens ont, en effet relevé depuis ces derniers mois que les produits de stupéfiants, les téléphones mobiles et d’autres objets illicites en détention circulent régulièrement.

Cliquez ici pour visualiser le contenu

Des objets illicites qui tombent du ciel : la SAS de Montpellier est à son tour le théâtre de livraisons par des drones, généralement de nuit, comme l’atteste une vidéo transmise à un journaliste de Métropolitain et que nous avons décidé de ne pas diffuser. Sur cette vidéo, on distingue un détenu le visage masqué qui se tient debout devant de nombreux produits : cannabis, cocaïne, téléphones portables, couteau avec une longue lame, tarifs des drogues en vente, etc. Un petit supermarché qui profite visiblement aux autres pensionnaires de l’établissement.

« Lors de son inauguration par le ministre de la Justice de l’époque, Éric Dupond-Moretti, cette SAS avait été présentée comme une prison modèle, une presque vitrine du modernisme carcéral. Trois ans après son ouverture, le constat est bien diffèrent. La SAS souffre d’un sous-effectif chronique, avec cinq agents qui manquent à l’organigramme. Cette situation fragilise le fonctionnement de la structure et alourdit considérablement la charge de travail des personnels en poste. Les agents doivent redoubler d’efforts chaque jour pour assurer l’ensemble des missions qui leur incombent », dénonce ce lundi 16 février 2026, Étienne de Sinno, délégué du syndicat FO Justice.

Vidéos : en ce moment sur Actu« Des agents engagés » 

Il confirme que, « des difficultés sécuritaires sont récurrentes : la SAS de Montpellier n’échappe pas aux livraisons aériennes par drones, qui alimentent directement les trafics internes. Téléphones portables et produits stupéfiants circulent régulièrement. Est-ce cela, la prison modèle annoncée avec tant de maestria et d’habileté lors de son lancement ? Si l’on a su vanter les mérites de la SAS dans son rôle d’accompagnement vers la sortie et la réinsertion, il ne faut pas oublier celles et ceux qui permettent à l’établissement de fonctionner au quotidien : des agents engagés qui font preuve d’un investissement exemplaire, fidèle à leurs valeurs professionnelles.

Votre région, votre actu !

Recevez chaque jour les infos qui comptent pour vous.

S’incrire

De la cocaïne en vente dans une cellule de la SAS
De la cocaïne en vente dans une cellule de la SAS (©Métropolitain)150 places 

Inscrit dans le programme immobilier pénitentiaire lancé en 2018 par le ministère de la Justice, le concept de la Structure d’accompagnement vers la sortie- se distingue par des caractéristiques architecturales et fonctionnelles, affirmant l’image d’une structure de transition entre la vie carcérale et la vie civile. Ainsi, le cahier des charges a fixé des principes communs aux quatorze SAS du territoire, tant en matière d’aménagement des espaces intérieurs que de traitement des enjeux de sécurité ou encore d’intégration urbaine.

Un couteau avec une grande lame devant les tarifs des drogues
Un couteau avec une grande lame devant les tarifs des drogues : on voit du cannabis (©Métropolitain)

Ces prescriptions architecturales répondent à un double souci d’intégration des SAS à leur environnement et d’apaisement de la vie en détention tout en garantissant un niveau de sûreté. Inaugurée le 6 décembre 2022 par Éric Dupond-Moretti sur 6 400m2 dans le quartier d’Euromedecine, la SAS de Montpellier est dotée de 150 places.

Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.