Par
Ugo Maillard
Publié le
16 févr. 2026 à 15h23
À moins d’un mois du premier tour des élections municipales 2026, les candidats à la mairie de Nice (Alpes-Maritimes) ont dévoilé une partie de leur programme. Pour la majorité, les transports en commun représentent un axe central des propositions. L’avenir des Lignes d’Azur, la régie métropolitaine des bus et tramways, pourrait basculer en fonction du prochain maire de la cité azuréenne.
Sur les questions de gratuité, de tramways la nuit durant les week-ends, de conditions de travail, le syndicat majoritaire auprès des salariés, la CGT, appelle à la prudence face aux promesses électorales.
Des tramways la nuit ?
Mesure phare de son programme transport, Christian Estrosi défend la mise en place de rames de tramways toute la nuit, les vendredis et samedis soir. Le maire sortant indiquait en décembre que ces rames « seront sécurisées par deux agents du Groupe Sûreté Contrôle Transports ».
Une proposition presque similaire à celle de Cédric Vella, candidat Reconquête !, qui souhaite « des rames de tramway jusqu’à 3 h du matin pendant la période estivale ».
Interrogé sur cette nouveauté, Guillaume Dichiara, secrétaire général CGT des transports urbains niçois, explique à actu Nice : « C’est une bonne idée, à laquelle nous sommes favorables et qui répond aux besoins de la population ». Le représentant syndical ajoute que certains traminots seraient « intéressés » par ces horaires nocturnes, mais alerte.
On est loin d’être en sureffectif aux Lignes d’Azur. Si cette mesure est mise en place, il faudrait absolument recruter de nouveaux conducteurs. On ne pourra pas assurer le service autrement.
Guillaume Dichiara
Secrétaire général CGT Lignes d’Azur
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La gratuité, fausse bonne idée ?
Si certaines listes, comme celle de l’union de la gauche ou celle de LFI défendent une gratuité totale, d’autres, comme celle de Christian Estrosi, misent sur une gratuité partielle pour les retraités.
Ce qui est certain, c’est que la mesure populaire de gratuité des transports est toujours tancée quant à son financement.
Des doutes qui persistent pour la CGT Transports. « Rien n’est gratuit. Le financement des transports passe en partie par les recettes liées au ticket et à l’abonnement. Si on trouve un autre mode de financement, nous sommes ok pour la gratuité, mais ça ne doit pas être aux dépens du service public », alerte encore Guillaume Dichiara.
« Ils se réveillent tous les six ans »
Face à ces projets qui transformeraient radicalement les transports en commun de la métropole de Nice, le secrétaire général de la CGT ne peut s’empêcher d’exprimer de sérieux doutes.
« Ces propositions sortent du chapeau, de l’électoralisme pur et dur. Il y a de grandes chances que ce soit des promesses en l’air, pas chiffrées. C’est une belle commedia dell’arte, ils se réveillent tous les six ans », sourit le syndicaliste.
Pour lui, les conditions de travail et les problèmes de recrutement devraient être la priorité des candidats. « Nos conditions de travail sont compliquées. Nous ne sommes pas payés à juste valeur. Nous avons du mal à attirer de nouveaux conducteurs », liste l’élu.
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