Le gouvernement a fixé une échéance claire pour trancher le sort des cétacés du Marineland d’Antibes. Lors d’une réunion organisée ce lundi au ministère de la Transition écologique, l’exécutif a annoncé qu’une « décision définitive » serait prise d’ici fin mars 2026. Cette annonce intervient dans un contexte d’urgence, marqué par la dégradation des bassins et l’absence de solution consensuelle pour les orques et les dauphins concernés.

Le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, a assuré que « toutes les options sont expertisées avec exigence et transparence », notamment au regard de « garanties solides en matière de bien-être animal ». Le ministère a confirmé que « compte tenu de l’urgence de la situation, une décision définitive sera prise d’ici la fin du mois de mars 2026 ». Parmi les scénarios envisagés figure un transfert des orques vers le Loro Parque, à Tenerife (Espagne), malgré des réticences initiales des autorités françaises.

Le bassin des orques en très mauvais état

L’urgence est renforcée par un rapport d’expertise ayant fuité lundi, qui alerte sur l’état des bassins où vivent Wikie, 24 ans, et son fils Keijo, 12 ans. Construits en 2000, ils présentent des fissures et sont fragilisés par les mouvements du sol. Selon ce document, un effondrement pourrait entraîner l’euthanasie des animaux. Alexis Soiron, conseiller au ministère, a reconnu qu’« au vu de l’urgence, on pourrait imaginer le déclenchement de la solution Loro Parque. Ce n’est pas forcément le souhait du ministre, mais il faut agir avec responsabilité ».

La question divise toutefois les organisations de protection animale. Paul Watson, représentant de Sea Shepherd, a plaidé pour la création d’un sanctuaire en Méditerranée. Mais certains estiment qu’un transfert est désormais inévitable. Un message relayé par l’acteur Jason James Richter souligne que « contrairement à la fin hollywoodienne de Sauvez Willy, Wiki et Keijo ne peuvent pas être simplement relâchés dans la nature […]. Leur seule chance de survie est d’être transférés dans un autre parc ».

Les dauphins en route vers le ZooParc de Beauval

Le gouvernement doit aussi statuer sur le sort des dauphins du Marineland et de Planète Sauvage. Il considère que le ZooParc de Beauval « constitue à ce stade la solution la plus avancée et la plus solide sur les plans juridiques et techniques ». Le site, qui doit être prêt au printemps 2027, pourrait accueillir les animaux, tandis que les dauphins d’Antibes resteraient sur place d’ici là, leur état et leurs conditions de vie étant jugés compatibles avec un maintien temporaire.

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Cette orientation reste contestée par plusieurs ONG, qui dénoncent un « faux-semblant de sanctuaire » et craignent la poursuite d’une exploitation commerciale. La charte présentée par Beauval prévoit toutefois que les transferts seront autorisés uniquement pour le bien-être des animaux. La décision attendue d’ici fin mars 2026 doit mettre un terme à une incertitude prolongée depuis la loi de 2021 interdisant progressivement la captivité des cétacés en France.