À Marseille, s’intégrer ne dépend pas seulement de la volonté ou des compétences. Bien souvent, tout commence par une clé. Car avant l’emploi, il faut un toit. Et sans logement stable, l’intégration économique reste fragile. Iana, réfugiée ukrainienne arrivée en 2022, en a fait l’expérience. « Sans le bateau pour les réfugiés, je ne sais pas où j’aurais dormi. » Logée temporairement sur un ferry, puis dans un logement social grâce à une association, elle peut enfin chercher du travail. « C’est l’Office de l’immigration et de l’intégration qui m’aide à payer mon loyer. » Sans cette aide, impossible de se projeter.

Un véritable défi

Même difficulté pour Mumu, arrivée d’Allemagne. « J’ai eu beaucoup de mal à trouver un logement, je n’avais pas de garant en France. » Hébergée un an par une collègue, elle finit par repartir, son salaire ne lui permettant pas de vivre. En revenant à Marseille en 2025, elle accepte un garant « en qui elle n’avait pas confiance » car elle n’avait « pas le choix ». Hind, arrivée sans papiers en 2000, a connu foyers, instabilité et précarité. « Aucun des immigrés qui arrivent ne trouve un logement du jour au lendemain. »

Aujourd’hui, elle le sait : à Marseille, le logement est souvent le premier levier de l’intégration économique. Dans une ville où la crise du logement s’ajoute à la précarité sociale, trouver une adresse est un défi.