Des fauteuils de cuir noirs, des arbustes aux feuilles un peu trop vertes pour être vraies, un écran plat et une longue table de réunion. Le bureau du professeur Idris Guessous pourrait être celui d’un avocat dans une série américaine. Le médecin-chef du Service de médecine de premier recours en a d’ailleurs l’allure – costume gris et cravate noire – et l’entregent. Le professeur de 49 ans, souffle-t-on dans les couloirs du deuxième étage du bâtiment Louise Morier des HUG, met un point d’honneur à accorder une attention sincère à chaque personne qui passe le pas de sa porte. «Vous voulez un café ou un thé au miel?» demande l’homme avant de s’asseoir: «J’ai aussi de l’Ovomaltine…» La rumeur dit vrai, semble-t-il.
Vice-doyen de la Faculté de médecine de l’Unige, Idris Guessous est aussi l’un des visages des HUG les plus connus des politiques et médias romands. Depuis plus de dix ans, ses travaux donnent à penser aux décideurs en matière de promotion de la santé. Responsable du vénérable Bus Santé – un dispositif mobile de collecte de données pionnier qu’il a repris en 2009 –, le médecin-chercheur s’est fait connaître en cartographiant l’obésité et la surcharge pondérale, par quartiers, à Genève et Lausanne, à une époque où ce type de données n’intéressait personne ou presque. Aujourd’hui, elles font référence.