Il fut un temps où le golfeur professionnel en devenir se déplaçait à la moindre occasion de jeu. Sur les circuits satellites, sur les dates françaises, sur les pro-am les plus relevés… tous les rendez-vous étaient bons, tant qu’ils permettaient de jouer avec la carte dans la poche. Alors certes, cette quête de compétitivité s’accompagnait d’une certain bagage : cravacher sur la logistique, s’arranger avec les copains et collègues pour réduire les coûts, jouer sous pression puis penser à la prochaine échéance à peine la précédente terminée. Stanislas Caturla, Kevin Turlan et Sébastien Gros, les trois associés qui s’activent derrière Win Events et le Win Tour, ont été de ceux-là. D’une génération actuellement trentenaire qui a embrassé cette résilience à jouer coûte que coûte. Aujourd’hui, ils font le constat d’une évolution de la mentalité qui, de plus en plus, colle à la pratique des circuits de l’élite internationale. Là-bas, comme dans les strates inférieures désormais, la récupération, la préparation d’échéances précises et le respect de la charge mentale sont devenues les priorités. Une gestion qui pousse à faire des impasses dans le calendrier des joueurs, quitte à refuser des occasions de jeu.
Face à cette mue, le Win Tour s’est adapté. Le circuit qui s’est spécialisé dans les tournois sur un tour, à des périodes où les circuits européens n’ont pas de rendez-vous, a ainsi légèrement réduit la voilure de son agenda. Trois dates en moins en 2026, mais « à des périodes qui répondent complètement à leur fonctionnement », assure Stanislas Caturla, qui est à la genèse du circuit. Et l’opportunité est toujours la même pour ceux qui s’y rendent. Un tournoi sur une journée, 18 trous, avec 10 000 euros de dotation à chaque fois et l’occasion de rafler 2500 euros… contre une inscription à 160 euros. Sur le long terme, le classement de fin de saison offre aux deux meilleurs hommes une catégorie sur l’Alps Tour. « On est heureux de voir que les pros, amateurs de haut niveau, mais aussi les enseignants sont satisfaits de venir et surtout revenir à chaque fois. C’est que les choses sont bien faites », se réjouit celui qui est aussi, aujourd’hui, enseignant au programme performance de l’Évian Resort Golf Club.