« On peut naître quelque part mais on peut renaître ailleurs. » À Marseille, cette phrase prend une dimension particulière. Ville d’accueil depuis sa fondation, la cité phocéenne continue d’attirer des femmes et des hommes venus chercher refuge, stabilité ou avenir. En 2021, plus de 3 700 personnes se sont installées à Marseille en provenance de l’étranger. Mais derrière cette dynamique migratoire se cache une réalité économique bien plus rude : s’intégrer, ici, passe presque toujours par le déclassement. « La plupart des personnes immigrées sont dynamiques et motivées, mais elles manquent de réseau et connaissent mal les institutions », explique Laurent Maestri, référent marseillais de l’association Solidarités nouvelles face au chômage. « Elles sont souvent cantonnées à des emplois de subsistance et peinent à s’inscrire dans un projet professionnel à long terme. » Diplômes non reconnus, manque de garanties, précarité du logement… l’entrée sur le marché du travail se fait rarement à armes égales.
Un sentiment de déclassement s’installe chez les immigrés
Iana Zavozieieva en est l’illustration. Réfugiée ukrainienne arrivée en avril 2022, elle a fui la guerre. « Je suis originaire de Kharkiv…