Concertation ou information ? Le débat sémantique continue d’interroger le collectif de riverains du boulevard d’Austrasie et la Métropole. C’est que la méthode de concertation avec les riverains, souhaitée et choisie par la collectivité pour son projet de rénovation de boulevard, n’a pas eu l’effet escompté pour tous les habitants du quartier. Les différentes réunions publiques pour la deuxième vie de cet axe de 1 800 mètres portaient des conclusions ou encore des statistiques inconnues de la réalité quotidienne des quelques habitants et commerçants du collectif. Étaient notamment pointées la surprenante fréquence de passage vélo (300/jours) et les vacances de stationnement (30 %).

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Voici comment fin janvier, à quatre semaines du début des travaux, est né le collectif « Les Inquiets d’Austrasie » réclamant l’accès à l’étude et aux plans , contractuellement non partageables selon les élus en charge du projet. La Métropole, via Bertrand Hartzig, consent alors un instant d’échange, plan à l’appui. À chaud, cette réunion était jugée constructive par l’élu délégué aux mobilités : « Nous avons entendu leurs inquiétudes. Il ne s’agit pas de revoir la copie, mais d’y ajouter quelques ajustements possibles », comme un stationnement pour la patientèle d’un cabinet de kinésithérapie. Surtout, le collectif est reparti avec des clichés des plans de rénovation, dorénavant support à leur questionnement. La concertation comme imaginée par le collectif prend ainsi corps.

Architecte de formation et membre du collectif, Jean-Luc Chevry préfère ironiser : « On l’a arrachée cette concertation, pour rattraper les loupés originaux de manque d’information. Nous sommes à présent dans une démarche d’information et de restitution au plus grand nombre. Maintenant que nous avons vu les plans, nous avons un rendez-vous ce mardi 17 février avec la municipalité et ses techniciens. Nous voulons être sûrs d’avoir compris les plans. Et le lendemain, mercredi 18 février, nous échangerons avec les riverains en réunion (18 h, à 2iStore, rue Jacques-Villermaux) ».

La mise à disposition des études n’a pas fondamentalement changé la posture du collectif. Ce serait plutôt l’inverse : « Il y a une réduction, qui nous paraît inadmissible, des places de stationnement. On en comptait plus de 100 avant travaux, elles seront inférieures à 50. » En contrepartie, la mairie mentionnait la création de 50 places dans les rues adjacentes. Argument qui pique le collectif : « La rue adjacente ? C’est la rue Victor à 800 mètres de là ! Cela risque de tuer la vie de quartier et celles des commerçants qui cherchent du stationnement courte durée. »

Le choix de la piste cyclable en question

Un deuxième point interroge le collectif : « Elle concerne la sécurisation des cyclistes : 49 stationnements auto sont situés entre la future voie cyclable et la voie de circulation. C’est-à-dire que pour accéder à ces places, il faudra franchir la voie cyclable. Cette dernière, à double voie, est déconseillée par les organismes nationaux qui préconisent une bande cyclable de chaque côté de la voirie. »

Selon la Fédération française des usagères et usagers de la bicyclette (FUB), qui s’appuie sur les recommandations du Cerema, une piste cyclable comme celle envisagée par la Métropole constitue l’aménagement idéal pour les routes dont la vitesse est supérieure à 50 km/h car il met les cyclistes à l’abri de la circulation. Il est cependant mal adapté lorsqu’il y a beaucoup d’intersections, car les cyclistes sont moins visibles. Avec ses huit intersections, le boulevard d’Austrasie entre-t-il dans cette case ? Tout est, ici, affaire d’interprétation pour un boulevard actuellement limité à 50 km/h.

Cette séquence doit logiquement se clore lors d’une réunion prévue début mars entre le collectif et des élus nancéiens et métropolitains. Rien cependant qui n’influe la première phase des travaux concernant les réseaux d’alimentation (eau, gaz, électricité) démarrée ce lundi 16 février. Quid de la suivante ?