La Loire est entrée en « crue majeure » ce mardi près d’Angers, l’eau ayant envahi terres agricoles et axes routiers. En bord de fleuve, de nombreuses routes sont inondées et coupées à la circulation. Un journaliste de l’AFP a notamment aperçu une personne tombée à l’eau à Rochefort-sur-Loire, après le chavirement de son canoë. Les secours ont mis une vingtaine de minutes avant de pouvoir la récupérer.

« Nous connaissons des niveaux de crue jamais atteints depuis vingt-cinq ans », alerte le maire d’Angers, Christophe Béchu, en appelant à « la responsabilité de chacun ». « Ne vous engagez pas sur des routes inondées ou barrées, limitez vos déplacements dans les secteurs à risque », a-t-il demandé. Dans la commune, plusieurs stations de tramway, les voies sur berges et des parkings ont été fermés.

L’eau doit continuer à monter

La crue doit particulièrement toucher dans la nuit de mardi à mercredi le secteur des Ponts-de-Cé, commune de 13.000 habitants au sud-est d’Angers. Les niveaux d’eau « devraient continuer à monter dans la journée de mercredi », avertit le service Vigicrues.

Aux Ponts-de-Cé, un centre d’accueil a été ouvert pour des personnes évacuées. « On a des gens qui sont isolés. Ce matin, la situation est sous contrôle. On a les digues qui protègent la plupart de la population et qui sont surveillées 24 h/24 », explique le maire Jean-Paul Pavillon, qui attend un pic mercredi soir. La météo n’incite en effet pas à l’optimisme. « Plusieurs passages perturbés seront attendus dans le nord-ouest du pays entre la mi-journée de mardi et mercredi, dans un contexte de sols saturés en eau », prévient Météo-France.

Vigilance orange et évacuation de détenus

Douze départements de l’ouest sont désormais placés en vigilance orange pour crues : la Charente, la Charente-Maritime, la Corrèze, la Dordogne, l’Ille-et-Vilaine, l’Indre-et-Loire, les Landes, la Loire-Atlantique, la Sarthe, le Tarn-et-Garonne, le Morbihan et la Vendée. Au sixième jour de vigilance rouge en Gironde et en Lot-et-Garonne, la Garonne déborde sur plusieurs centaines de mètres entre le nord d’Agen et le sud de Bordeaux.

« Il y a une descente actuellement qui se met en place », a déclaré lundi soir Lucie Chadourne-Facon, directrice du service Vigicrues. En Charente-Maritime, 135 détenus de la maison d’arrêt de Saintes ont été évacués lundi après la montée des eaux de la Charente jusqu’à l’établissement pénitentiaire. Dans la commune, « près de 400 maisons sont impactées » et un centre d’hébergement doit ouvrir, explique le maire Bruno Drapron.