Bayer tente de tourner une nouvelle page judiciaire aux Etats-Unis. Sa filiale Monsanto a annoncé mardi un accord collectif pouvant atteindre 7,25 milliards de dollars pour régler les plaintes « en cours et futures » liées au Roundup, herbicide à base de glyphosate accusé de provoquer certains cancers, notamment des lymphomes non hodgkiniens.
Cet accord, qui doit encore être validé par un tribunal de Saint-Louis, dans le Missouri, constitue une étape majeure pour le groupe allemand confronté depuis plusieurs années à une multiplication des poursuites. Les paiements pourraient être étalés sur une période de 21 ans, offrant « une plus grande certitude financière » à l’entreprise, selon un communiqué.
Plus de 10 milliards de dollars déboursés depuis 2018
Dans ce contexte, Bayer a décidé de renforcer ses provisions pour litiges. Le groupe basé à Leverkusen va porter cette enveloppe à 11,8 milliards d’euros, soit une hausse de 4 milliards d’euros. Cette décision vise à absorber le coût des procédures judiciaires visant le Roundup.
Le groupe insiste toutefois sur le fait que ces mesures sont prises « uniquement pour contenir les litiges » et précise que les accords conclus « ne comportent aucune reconnaissance de responsabilité ou de faute ». Depuis l’acquisition de Monsanto en 2018, Bayer a déjà déboursé plus de 10 milliards de dollars pour faire face aux poursuites judiciaires liées à cet herbicide.
La Bourse de Francfort apprécie…
En parallèle, l’entreprise poursuit sa stratégie juridique devant la Cour suprême des Etats-Unis. La juridiction a accepté en janvier d’examiner un recours portant sur la recevabilité des plaintes, avec une décision attendue d’ici fin juin. Selon Bayer, l’accord annoncé et cette procédure judiciaire constituent des étapes « indépendamment nécessaires » et « qui se renforcent mutuellement ».
L’annonce a été favorablement accueillie par les investisseurs. À la Bourse de Francfort, l’action Bayer a progressé de 7,35 % avant la clôture. Malgré les incertitudes judiciaires et commerciales, le groupe cherche ainsi à stabiliser sa situation financière et à clarifier l’avenir du Roundup, dont il avait lui-même publiquement questionné la viabilité commerciale l’an dernier en raison des litiges.