Metropolitan FilmExport
Timothée Chalamet, ici dans « Marty Supreme ».
La tête ronde comme une balle de ping-pong, mais aussi grosse qu’une pastèque ? Loin de nous l’idée de comparer le physique de Timothée Chalamet à cette description peu flatteuse, mais plutôt son personnage parfaitement détestable dans Marty Supreme, film à côté duquel il sera difficile de passer en France, ce mercredi 18 février.
Librement inspirée de la vie d’un champion américain du tennis de table, son histoire raconte l’incroyable et rocambolesque destin d’un certain Marty Hauser, un modeste vendeur de chaussures dans le New York des années 1950 bien décidé à devenir une superstar mondiale dans sa discipline sportive, alors en plein essor.
Arnaques, tromperies et bains de sang… Dans cette nouvelle production rebondissante des très en vue studios A24, les boites s’imbriquent, et passent tour à tour d’une romance avec une ex-vedette du cinéma à une course effrénée vers l’argent, en passant par le rapt d’un maudit chien et des matchs de ping-pong plus tendus que jamais.
Promo XXL pour Marty Supreme
Il y a beaucoup de chance pour que vous en ayez déjà entendu parler. Plusieurs semaines avant même sa sortie à la mi-décembre aux États-Unis, où il a déjà généré plus de 93 millions de dollars, le film a bénéficié d’une campagne de promotion XXL, en partie grâce à son acteur principal.
Découvrez ci-dessous la bande-annonce :
La lecture de ce contenu est susceptible d’entraîner un dépôt de cookies de la part de l’opérateur tiers qui l’héberge. Compte-tenu des choix que vous avez exprimés en matière de dépôt de cookies, nous avons bloqué l’affichage de ce contenu. Si vous souhaitez y accéder, vous devez accepter la catégorie de cookies “Contenus tiers” en cliquant sur le bouton ci-dessous.
Lire la Vidéo
Timothée au sommet de la Sphère de Las Vegas, Timothée tout d’orange vêtu au bras de sa petite amie sur le tapis rouge… Il était partout, et pas seulement habillé de la couleur signature des petites balles de ping-pong de son héros. Un merchandising hors de prix fait, notamment, de coupe-vent a inondé les réseaux. Un dirigeable a même volé au-dessus de Beverly Hills.
Promoteur ou égérie ? Timothée Chalamet ou Marty Hauser ? Dans une opération de communication bien rodée, le premier s’est amusé à brouiller les pistes, comme lors d’un appel fictif sur Zoom avec les équipes du long-métrage, un brin gênées à l’écoute de ses propositions tantôt délirantes, tantôt mégalo.
Elles font écho à sa quête décomplexée de l’Oscar, qu’il va tenter de briguer au mois de mars. Nommé à deux reprises par le passé, « Timmy Tim » n’a jamais dissimulé ses ambitions. « C’est un film sur le sacrifice et la poursuite d’un rêve, quelque chose auquel je m’identifie profondément », a-t-il défendu à la remise de son Golden Globe, en janvier.
« Devenir un grand » à Hollywood
Un an plus tôt, il disait déjà vouloir « devenir un grand » à Hollywood, et rêver « d’entrer au Panthéon » avec ses idoles Marlon Brando et Viola Davis. « La chose la plus élégante serait de minimiser les efforts déployés pour ce rôle et l’importance qu’il a revêtue pour moi, mais en vérité j’y ai consacré cinq ans et demi », confiait-il par exemple sur sa prestation dans Un parfait inconnu.
Marty Supreme lui en aura demandé six. « Crois en toi, rêve en grand », a lancé l’acteur franco-américain de 30 ans sur le plateau du 20 heures de TF1, invitant chacun à ignorer ce que les gens peuvent penser d’eux. Quelques jours plus tard, il était à l’antenne de France Inter avec son « côté américain, sans honte, pas complexé par [son] ambition ».
De quoi rebuter chez nous, non ? Certes, mais il faut bien l’avouer : la prestation est à la hauteur de l’arrogance. Loin des héros exemplaires de notre temps, Marty Hauser tranche. Il a tout du petit con : un physique ingrat couplé à des manigances honteuses, une mauvaise foi et une lâcheté sans pareilles, un caractère impulsif et un gros manque de fair-play.
Et pourtant, la magie opère. Pire, l’odieux garçon nous est attachant. Ses traits d’humour y sont pour quelque chose, lui qui se crédite comme « l’incarnation de la défaite de Hitler ». Oui, il y croit. « Je vendrais des godasses à un cul-de-jatte », va-t-il jusqu’à affirmer à son supérieur. Il y a fort à parier qu’il y arriverait, vu sa ténacité.
Timothée Chalamet au ping-pong
La sienne, comme celle de son interprète, gouttes de sueur au visage à l’appui. Autour d’une table de ping-pong, Timothée Chalamet se défend, hurle et smashe au gré de parfaites pirouettes ou roulades à terre. Zéro doublure, ni cascadeur : c’est lui qui joue dans chaque séquence. Un dévouement au personnage entamé des années en arrière.
À l’image de son apprentissage de la guitare pour les besoins du biopic sur Bob Dylan, ce dernier s’est secrètement entraîné au ping-pong depuis 2018, date à laquelle il a commencé à suivre des leçons dans un club de Manhattan ouvert 24 heures sur 24, avant de remplacer les meubles de sa maison par l’équipement du parfait pongiste.
Metropolitan Filmexport
Timothée Chalamet, ici dans « Marty Supreme ».
Depuis, il n’a pas loupé un seul entraînement, pas même durant les tournages de Wonka, Dune II ou même pendant le Festival de Cannes, où il trouvait toujours un moyen d’installer une table en catimini. On raconte aussi qu’il a attrapé une infection à l’œil en raison des lentilles de contact qu’il portait pour brouiller sa vision afin de porter de vraies lunettes de vue.
Avec ce film, Timothée Chalamet écrit lui-même un peu plus sa légende. « Je sais que je travaille plus dur que presque tout le monde que je connais, assume ce dernier, également producteur, au micro de Florence Paracuellos. J’ai vraiment un côté athlète. » À l’AFP : son réalisateur Josh Safdie abonde : « Il était Timmy Supreme. »