Le Printemps marseillais avait déjà présenté une partie de ses propositions pour les municipales : solidarité, éducation, sécurité, propreté… Ce mardi 17 février, à moins d’un mois du 1er tour, Benoît Payan (DVG) a formellement dévoilé l’ensemble de son « Projet pour Marseille » pour la saison 2 du Printemps marseillais. Un catalogue de 122 pages – résumé dans un fascicule de huit pages distribué à 200 000 exemplaires – en trois temps.
« Une ville qui protège » avec par exemple le passage de 800 à 1 600 policiers municipaux ; « Une ville qui rassemble », avec un plan « Marseille propre » qui prévoit le doublement du nombre de tournées des éboueurs et du nombre de cantonniers ; et « une ville qui prépare l’avenir », en continuant de mettre l’accent sur l’école, avec notamment un kit de rentrée scolaire réévalué de 80 à 150 euros, et une série de mesures pour faire face au changement climatique. « Ce programme a été élaboré directement au contact des Marseillais », défend-il, en faisant état de « 15 000 personnes rencontrées » par le Printemps marseillais.
Devant la presse, le discours du maire s’articule aussi selon un autre triptyque : un bon tiers de bilan, un autre tiers de critique de ses adversaires et un dernier tiers de propositions nouvelles, qui s’inscrivent dans la continuité des six premières années.
À l’étage d’une brasserie du cours d’Estienne-d’Orves, la scénographie est étudiée. Sous une lumière jaune et rose, on retrouve, derrière le candidat (DVG) à la mairie de Marseille, d’un côté ses huit têtes de liste de secteur, de l’autre des soutiens éminents comme Michèle Rubirola, Amine Kessaci (EELV), Hanifa Taguelmint (ex-LFI) ou Pascaline Lécorché (Place publique). « C’est vous qui me donnez du courage », les saluera-t-il en fin de présentation.
Benoît Payan, le 17 février 2026 à Marseille, lors de la présentation du programme du Printemps marseillais. / PHOTO NICOLAS VALLAURI
Mais en préambule, il tient d’abord à rappeler « dans quel état » il a « trouvé la ville » : dette, bâti scolaire, logement… Tout en jouant la carte de l’humilité (« On n’a pas tout bien fait »), il fait l’exégèse de son bilan, sur lequel il se sait attendu en tant que sortant. Il s’agace lorsque la presse lui fait remarquer que certaines promesses de 2020, comme « rallumer la nuit marseillaise » ou le plan piscines, n’ont pas été réalisées. « On a aussi fait des choses qui n’étaient pas prévues », réplique Benoît Payan, qui cite l’accueil de la flamme olympique, les concerts nocturnes gratuits ou le Plan écoles avec l’État.
Plus complet qu’il y a six ans, ce « projet pour Marseille » balaie en réalité 25 thèmes différents. Sécurité et services publics, solidarité, changement climatique, culture, économie, sport, lutte contre les discriminations, jusqu’au bien-être animal, Benoît Payan tente de jouer sur tous les terrains. Et promet la construction du « plus grand boulodrome couvert du monde », dans les 11e-12e.
Le « New Deal métropolitain »
Benoît Payan reconnaît également que la question de la Métropole, dont l’élection a lieu en même temps que les municipales, a été « un impensé » en 2020. « On va l’aborder de manière forte cette fois-ci », promet-il, après six ans de relations chaotiques avec l’intercommunalité dirigée par Martine Vassal (DVD). Une grande partie des promesses repose en effet sur un changement de gouvernance. Ce « New Deal métropolitain » prévoit la reprise en main de la propreté, la renégociation des tarifs du tunnel Prado-Carénage ou encore des projets de transports en commun, comme un tramway jusqu’à Saint-Loup (10e).
Comme ses concurrents dans cette campagne, ce programme n’est pas chiffré au plan comptable. Benoît Payan compte sur la solidarité des 91 autres communes. « Tous les maires que j’ai rencontrés m’ont dit qu’ils n’auraient jamais accepté que leur opposition décide à leur place, comme c’est le cas à Marseille, précise Benoît Payan. Je veux juste un deal avec eux sur la question des finances […] Il ne s’agit pas de capter toutes les richesses de la Métropole. » En cas de victoire à Marseille, convaincre les maires ne sera pas le moindre de ses combats.