Pour « imposer le sujet de la propreté comme une priorité politique », Basta a dirigé « la plus grande enquête citoyenne » sur le sujet à Marseille, entre la fin décembre et le 10 février. Au fil d’un baromètre d’une quarantaine de questions, ce collectif citoyen a interrogé plus de 3 700 personnes pour livrer « une vision rationnelle » dans ce domaine, classé parmi les premières préoccupations des Marseillais en vue des municipales.

Ce mardi 17 février, dans un café de la rue de la République, les membres de Basta livraient les conclusions de ce baromètre mais aussi un « pacte » à faire signer aux candidats à la mairie, dont certains assistaient à la présentation.

83 % des sondés jugent la ville sale

Après un point sur la situation marseillaise et un constat « d’échec en bande désorganisée », Félix de Monts, à l’initiative de Basta, rappelle que « les Marseillais produisent presque deux fois plus d’ordures ménagères que la moyenne nationale » et « trient deux fois moins » que sur le reste du territoire national. Il étrille un système « qui encourage la production de déchets », notamment à cause d’un mode de collecte « totalement inadapté » et un morcellement des compétences « incompréhensible pour les citoyens » entre la Ville et la Métropole.

Une observation largement confirmée par les résultats du baromètre, 83 % des répondants jugeant la ville « très sale ». La moitié d’entre eux n’a pas vu d’améliorations au cours des cinq dernières années, et un tiers trouve même que la situation s’est dégradée sur la même période. 89 % des personnes questionnées veulent des « fréquences de collecte plus adaptées » pour le tri et 80 % souhaitent « des points d’apport dédiés ». Témoignage de la confusion sur « qui fait quoi » en matière de propreté, 91 % des sondés estiment prioritaire « une bonne coopération Ville-Métropole ».

Delogu et Davoux s’engagent à signer

Partant de ces réponses mais aussi d’une étude chiffrée rigoureuse sur les moyens déployés pour la propreté à Marseille, les membres de Basta livrent un plaidoyer, qu’ils veulent faire signer « à toutes les listes » avant les municipales.

Devant Sébastien Delogu (LFI) et Erwan Davoux (DVD), venus assister à la présentation, mais aussi de représentants du Printemps marseillais et de colistiers de Martine Vassal, le collectif liste des « chantiers prioritaires », avec une nouvelle « gouvernance politique opérationnelle », « la mise en place d’ici cinq ans d’un système de collecte qui facilite de tri » (avec des points d’apport de proximité qui permettent de faire le tri) ou « la juste contribution des professionnels, surveillée et transparente ».

Un « Pacte pour Marseille propre » qu’Erwan Davoux et Sébastien Delogu ont déjà annoncé vouloir signer. Le Printemps marseillais devrait suivre, quand la liste de Martine Vassal « réfléchit encore ». Une signature implique notamment l’organisation d’États généraux de la propreté en début de mandat et l’engagement de reproduire ce baromètre chaque année afin d’avoir des « indicateurs de suivi transparents » sur la propreté de la ville.