Éric Ciotti, qui a quitté Les Républicains pour s’allier au RN, devance de dix points le maire sortant Christian Estrosi au premier tour des municipales à Nice (Alpes-Maritimes), prévue le dimanche 15 mars, selon un sondage* publié mardi 17 février par l’institut Cluster 17 pour Politico.

Le patron de l’Union des droites pour la République (UDR) obtient 41 % des intentions de vote au premier tour, contre 31 % pour l’actuel maire de Nice (Horizons), soutenu par LR.

Dans un communiqué, l’équipe de campagne de Christian Estrosi a présenté ce sondage comme « une manipulation » et annoncé qu’elle saisissait la Commission nationale des sondages afin qu’elle vérifie notamment « la conformité méthodologique de cette enquête et le caractère non tendancieux des questions posées ».

« Nous disposons de témoignages de personnes sondées qui ne sont pas électeurs à Nice », affirme l’équipe du maire sortant. « Ni les attaques personnelles, ni les sondages contestables n’altéreront notre détermination à ce que Nice ne tombe pas entre les mains du RN et des appareils politiques parisiens », a-t-on ajouté de même source.

Cette élection oppose les frères ennemis de la cinquième ville de France, autrefois alliés au sein de la droite et qui ont longtemps régné main dans la main, l’un comme député des Alpes-Maritimes, l’autre à Nice. Leur rupture a été actée en 2017 après le rapprochement de Christian Estrosi avec Emmanuel Macron.

La gauche veut y croire

Au troisième rang, l’écologiste Juliette Chesnel-Le Roux, soutenue par les socialistes et les communistes, obtient 12 % des intentions de vote, juste devant Mireille Damiano (10 %), qui mène la liste « Nice Front Populaire », qui rassemble LFI, le NPA, le Parti de gauche et Viva !. Le candidat de Reconquête Cédric Vella se classe au cinquième rang avec 4 % des intentions de vote.

Lors des municipales, les candidats ont besoin d’atteindre 10 % des voix pour se maintenir au second tour et 5 % pour fusionner leur liste.

La patronne des Écologistes Marine Tondelier et son homologue socialiste Olivier Faure étaient dimanche à Nice pour une démonstration de soutien à la liste de la gauche hors LFI, convaincus de pouvoir créer la surprise face au duel des frères ennemis. « C’est un couple maléfique qui est en instance de divorce et ça se passe très très mal, ils vont se torpiller l’un l’autre toute la campagne et donc il y a un trou de souris pour la gauche cette fois-ci parce qu’ils n’ont jamais été aussi divisés et parce que nous n’avons jamais été aussi unis », a ainsi estimé Marine Tondelier.

*Le sondage qui, comme toute enquête d’opinion est une photographie du moment sans valeur prédictive, a été réalisé du 11 au 15 février auprès d’un échantillon de 937 Français représentatifs de la population niçoise âgée de 18 ans, dont 763 inscrits sur les listes électorales à Nice, selon la méthode des quotas. La marge d’erreur est comprise entre 1,4 et 3,5 points pour le premier tour.