Le RAID est intervenu à Châteauroux pour un homme armé, retranché chez lui, ce mardi 17 février 2026. Le forcené a ouvert le feu dans la matinée sur des policiers. Lors de l’intervention du RAID, il a été gravement blessé. On fait le point sur ce que l’on sait ce mardi soir.
Une opération d’ampleur s’est déroulée dans le quartier Beaulieu, à Châteauroux, ce mardi, après qu’un septuagénaire a ouvert le feu sur des policiers dans la matinée. Il n’y a pas de blessé du côté des forces de l’ordre. En revanche, l’assaillant a été hospitalisé après avoir été interpellé dans l’après-midi. Le RAID est intervenu. Le forcené était armé et retranché chez lui depuis plusieurs heures. On fait le point sur ce que l’on sait sur cette opération ce mardi soir.
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Le forcené est un homme de 78 ans, connu à Châteauroux. Ses motivations ne sont pas connues pour l’heure. Après l’intervention, les forces de l’ordre ont découvert un véritable arsenal militaire dans l’appartement et dans la cave : environ trois mille munitions, plus d’une vingtaine d’armes toutes chargées et en état de fonctionnement dont une mitraillette « Sten », précise le Procureur de la République. Un atelier pour fabriquer des munitions artisanales ont également été retrouvées.
Il n’a qu’une seule mention dans son casier judiciaire, pour des violences datant de 2017. Il avait été condamné à une peine avec sursis à l’époque. Il était également connu pour des faits d’outrage sur personne chargée de mission de service public, en 2022. « C’était quelqu’un qui ne faisait pas parler de lui dans l’entourage de l’immeuble », assure David Marcat, procureur de la République de Châteauroux.
Des grenades jetées par la fenêtre, et un échange de tirs
Il est 7h du matin lorsque des policiers viennent interpeller ce septuagénaire dans le cadre d’une affaire de dégradations sur un cabinet médical dans laquelle il est suspecté. Les forces de l’ordre frappent chez lui, sans réponse. L’homme ne sort de chez lui que vers 9h pour sortir ses poubelles. Il est armé d’un pistolet qu’il cache dans son dos. Les policiers tentent de l’interpeller dans le hall de l’immeuble lorsque le forcené se retourne et ouvre le feu. Il remonte chez lui, dans son appartement du troisième étage et jette trois grenades défensives datant de la Seconde guerre mondiale. Seule l’une d’entre elles explosent. Ce sont des explosifs pouvant tuer et exploser dans un rayon de 150 mètres.
Le périmètre de sécurité toujours en place après l’intervention du RAID à Châteauroux, ce 17 février, dans le quartier Beaulieu. © Radio France – Alexandre Rubin Intervention du RAID à 14h30, le forcené blessé
Après avoir échangé avec le forcené en fin de matinée, le RAID est finalement intervenu à 14h30. Des échanges de tirs, des détonations ont été entendus dans le quartier. L’intervention va durer moins de dix minutes, avant un retour au calme. Après avoir lancé une grenade sur la colonne du RAID et tiré avec « une arme longue » dans leur direction, le forcené a été blessé à la jambe par le chien du RAID, mais aussi à la tête dans des circonstances qui restent à éclaircir. Il est évacué sur un brancard du SAMU peu après 15h. Son état de santé a varié à plusieurs reprises suites à l’interpellation. À l’heure où nous écrivons ces lignes, son pronostic vital n’est plus engagé, selon le procureur de la République de Châteauroux.
Une enquête est ouverte pour tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique. L’Inspection générale de la police (IGPN) de Rennes est également saisie « pour sécuriser le cadre juridique de l’échange de coups de feu », précise David Marcat, le procureur de la République de Châteauroux.
L’équipement des équipes de déminage du RAID lors de l’intervention à Châteauroux dans le quartier Beaulieu, ce 17 février. © Radio France – Alexandre Rubin
Concernant le profil de ce forcené, il s’agit d’un militant Rassemblement national de longue date, qui a même été candidat pour le FN aux législatives dans l’Indre en 1993. Mais à ce stade, toute motivation politique de l’acte est écartée. La déléguée départementale du RN dans l’Indre, Mylène Wunsch, s’est rendue sur le lieu de l’intervention ce mardi. L’interpellé est « un militant Rassemblement national très actif et bien connu », a indiqué Gil Avérous le maire de Châteauroux.
Quartier bouclé, habitants confinés, cellule psychologique mise en place
Les habitants de l’immeuble de trois étages à l’intérieur duquel s’était retranché le forcené avaient été évacués avant l’opération et un périmètre de sécurité avait été mis en place. Une cellule d’urgence médico-psychologique a été activée, et des associations de sécurité civile ont été invitées à accompagner les habitants.
Au-delà des policiers d’élite du RAID arrivés en milieu de matinée, 30 policiers nationaux, cinq policiers municipaux, 23 gendarmes et 28 pompiers ont également été mobilisés. Par mesure de sécurité, plusieurs axes avaient été coupés à la circulation : la portion de la rue de Provence située entre la rue d’Anjou et la place du Berry, le centre commercial Beaulieu, et la totalité de la rue de Bourgogne. La circulation des bus a été interrompue dans le secteur. La bibliothèque Beaulieu a été fermée tout ce mardi après-midi. Une crèche se trouve à proximité du lieu de l’intervention, mais les enfants n’ont jamais été mis en danger.
Le quartier Beaulieu marqué par cette intervention du RAID, à Châteauroux, ce 17 février. © Radio France – Alexandre Rubin
Un arsenal militaire retrouvé chez lui