À la veille d’une conférence ministérielle de l’AIE, qui siège dans la capitale française, Chris Wright, le secrétaire américain à l’Énergie, a mis la pression sur l’organisation internationale. Il en a profité pour renouveler son soutien sans faille aux hydrocarbures.

Chris Wright, le secrétaire américain à l’Énergie, a le même langage direct que celui qui est son patron depuis un an, Donald Trump. En visite à Paris ce mardi, le ministre a fait un vigoureux plaidoyer en faveur du gaz, du pétrole et du charbon. À la veille d’une réunion ministérielle de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), dont le siège est dans la capitale française, cet ancien dirigeant de plusieurs compagnies commercialisant du gaz de schiste a mis la pression sur cette organisation rattachée à l’OCDE. «Nous ne sommes pas satisfaits» de l’AIE, a-t-il dit en la qualifiant ironiquement de «53e organisation de défense pour le climat».

Alors que l’AIE a été créée, à l’initiative des États-Unis, après le premier choc pétrolier de 1973, pour défendre la sécurité énergétique – surtout pétrolière à l’époque – de ses membres, Chris Wright lui reproche de s’être égarée. Chaque année, cette instance publie des prévisions, scrutées dans le monde entier, de production et de consommation d’énergie, selon plusieurs scénarios. L’un d’eux, baptisé «zéro émission», est calculé à partir des engagements de la communauté internationale pris lors de la COP21 de Paris en 2015.


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«On n’a pas besoin de leur scénario zéro émission, a fustigé Chris Wright. Cela ne sert à rien, il ne va pas se produire, cela n’a pas de sens.» Reçu ce mardi à l’Institut français des relations internationales (Ifri), le ministre de Donald Trump s’est félicité que Fatih Birol, le très respecté directeur exécutif de l’AIE, ait remis les scénarios plus réalistes – dits «politiques actuelles» – au centre du village. Calquant le style du locataire de la Maison-Blanche, Chris Wright a laissé entendre que son pays pourrait quitter l’agence si elle ne se remet pas dans le droit chemin, avec «la sécurité énergétique» comme cap.

«Nous devons devenir dominateurs dans l’énergie»

«Le président Trump a ramené du bon sens dans l’énergie», a affirmé cet ex-homme d’affaires qui, comme nombre de figures de l’administration américaine actuelle, fait ses premiers pas dans un gouvernement. «Nous devons devenir dominateurs dans l’énergie», a-t-il déclaré, disant vouloir «exporter tant qu’on peut aux Européens qui dépendent de puissances» hostiles et peu fiables. Selon lui, cette domination doit permettre de «gagner la course de l’intelligence artificielle », technologie très énergivore. Chris Wright a par ailleurs observé qu’à l’échelle mondiale, les hydrocarbures (gaz, pétrole et charbon) satisfont toujours plus de 80% de la consommation énergétique, comme il y a vingt ans, car ce sont, dit-il, les sources les plus productives. Et celui-ci de rappeler que les États-Unis sont récemment «devenus le premier exportateur mondial de gaz».

Le changement climatique ? «C’est un phénomène réel», a concédé ce diplômé des prestigieux MIT et de l’université de Berkeley, mais qui a été dévoyé dans des proportions «ridicules», en faisant le jeu des énergies renouvelables, qui représentent à ses yeux un immense gaspillage financier. Au passage, il a affirmé qu’il n’y avait pas plus d’ouragans ou d’inondations que par le passé. De manière générale, Chris Wright, ancien dirigeant de compagnies gazières de taille moyenne, considère toutes les réglementations comme un fardeau pour les entreprises. «Je suis pour l’innovation, pas pour la réglementation», a-t-il résumé.

De retour du Venezuela depuis quelques jours, le ministre de Donald Trump s’est félicité que la mise en œuvre réelle de l’embargo pétrolier ait précipité les choses dans le pays sud-américain. Les Vénézuéliens «veulent vendre leur pétrole. Tout l’argent du pétrole va sur un compte pour le Venezuela», a-t-il assuré. Ravi d’avoir assisté à une conférence de presse, libre, comme il n’y en a pas eu depuis longtemps dans le pays dont le président Nicolas Maduro a été enlevé par les troupes américaines, Chris Wright a conclu : «Nous allons utiliser l’énergie, pas les soldats, pour résoudre les problèmes.»