l’essentiel
Cinq pays européens, dont la France, estiment qu’Alexeï Navalny, l’opposant à Vladimir Poutine, mort en prison le 16 février 2024, aurait été empoisonné par une toxine présente dans les grenouilles venimeuses d’Amérique du Sud.
Une récente enquête menée par cinq pays, dont la France, révèle que l’opposant russe Alexeï Navalny, décédé en prison en février 2024 alors qu’il purgeait une peine de 19 ans d’emprisonnement pour « extrémisme », a été empoisonné avec une « toxine rare ».
Selon les cinq gouvernements, des analyses d’échantillons prélevés sur l’ancien opposant « confirmaient de manière concluante » la présence d’épibatidine. Une toxine mortelle présente dans la peau de grenouilles venimeuses sud-américaines.
Un poison issu de grenouilles venimeuses
Le Royaume-Uni, la Suède, la France, l’Allemagne et les Pays-Bas estiment qu’Alexeï Navalny aurait donc été empoisonné avec l’épibatidine. Cette substance toxique, qui agit sur certains récepteurs du système nerveux, possède un effet analgésique estimé entre 200 et 250 fois plus puissant que celui de la morphine.
L’espèce en cause serait « l’Epipedobates anthonyi », des grenouilles-dards ou « à flèches empoisonnées », présente en Équateur et au Pérou. Ces grenouilles appartiennent à la famille des Dendrobatidae : des amphibiens originaires d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud et absents à l’état naturel en Russie.
Leur peau contient notamment de l’épibatidine, un neurotoxique particulièrement puissant, découvert au milieu des années 1970. Souvent de couleurs vives et mesurant généralement moins de 1,5 centimètre, ces grenouilles ne synthétisent pas elles-mêmes leur poison. Celui-ci provient de leur alimentation, notamment des fourmis et des acariens venimeux, qu’elles stockent ensuite dans les glandes de leur peau, les protégeant de la prédation.
À lire aussi :
La Russie essaie-t-elle de bannir WhatsApp de son territoire ? L’application dénonce une tentative de blocage
Selon Le Figaro, la tradition veut que certains peuples autochtones sud-américains aient utilisé les sécrétions toxiques de certaines espèces pour empoisonner des flèches ou des sarbacanes, bien qu’il n’existe aucun consensus scientifique sur ces faits.
À lire aussi :
Mort d’Alexeï Navalny : le jour où l’opposant de Vladimir Poutine a survécu à une tentative d’empoisonnement
Des spécialistes équatoriens et colombiens d’amphibiens ont estimé que la toxine a été produite en laboratoire et non récupérée sur des grenouilles qui la produisent naturellement.
Un « assassinat prouvé par la science »
Dans leur déclaration commune, les cinq pays affirment que « la Russie avait à la fois les moyens, le mobile et l’opportunité de lui administrer ce poison » et disent tenir Moscou « pour responsable de la mort » d’Alexeï Navalny.
La veuve de l’opposant, Ioulia Navalnaïa, qui a toujours défendu la thèse de son empoisonnement, a affirmé que son « assassinat » était désormais « prouvé par la science ». Quant à la Russie, elle rejette ces accusations.