Faut-il regrouper les comités de quartiers de Nice en une fédération ? L’idée a germé en avril, avec la création d’une association regroupant plusieurs comités.
Une initiative qui divise, tant chez les représentants des quartiers que chez les politiques.
Composée au départ de huit comités de quartiers, la fédération dit en rassembler désormais quatorze.
L’association vise, selon ses statuts, à « représenter les comités de quartiers auprès des institutions sur les problématiques transversales » et « porter une parole citoyenne collective à l’échelle de la ville », en agissant comme « instance de coordination ».
Le candidat Estrosi absent… Volontairement
Le groupe a présenté ses vœux fin janvier, invitant l’ensemble des candidats aux élections municipales de Nice. Éric Ciotti (UDR) a répondu présent et dénoncé la chaise vide de Christian Estrosi (Horizons) sur les réseaux sociaux.
« Un véritable mépris démocratique », a taclé le candidat de l’Union des droites pour la République sur le réseau social X le soir de la cérémonie, le 29 janvier.
En réalité, l’absence de Christian Estrosi n’était pas fortuite. Le jour de la cérémonie, son équipe a distribué un courrier aux présidents des comités de quartiers constituants la fédération pour leur faire part de son interrogation.
« Elle intervient dans un contexte de campagne électorale, période au cours de laquelle la ville a toujours veillé à ce que les comités de quartiers respectent la stricte neutralité qu’impose cette période », rappelle Christian Estrosi.
L’actuel maire de Nice regrette une « initiative politique » et alerte sur un « risque réel de dilution de [l’] identité » des quartiers dans ce groupement.
Le maire sortant conclut qu’il continuera à échanger avec chacun, indépendamment.
Une fédération qui « refuse toute politique »
Kirkor Ajderhanyan, le coordinateur de la fédération, se défend de toute accusation de parti pris politique.
« La fondation refuse strictement toute politique partisane, politicienne ou instrumentalisée », martèle-t-il, appelant publiquement Christian Estrosi à se manifester pour soutenir l’initiative.
Pour l’heure, la fédération refuse de communiquer sur le nom des comités de quartiers signataires pour « éviter toute instrumentalisation ».
40 associations de riverains contestent l’initiative
Parallèlement, dans une tribune publiée le 5 février dans Nice-Presse, 40 associations de riverains réprouvent cette fédération, notamment pour « préserver [leur] liberté d’action et [leur] indépendance ».
Auprès de Nice-Matin, l’un des signataires explique que « le timing n’est pas approprié. J’ai rencontré Kirkor Ajderhanyan, je lui ai transmis nos doléances à plusieurs reprises. Mais en pleine période d’élections municipales, alors que des rumeurs disent qu’il pourrait rejoindre la liste de Ciotti, c’est trop clivant », explique Michel Auda, président du comité de quartier de Gairaut.
Dans le quartier de la Libération, on estime que « chaque quartier a ses problèmes. Une fédération me semblait une bonne idée au départ. Mais les échanges que nous avons avec la mairie sont satisfaisants. Je ne voyais pas l’utilité de créer et rejoindre une nouvelle structure », détaille Claude Queffurus, le président du comité de quartier Libération-Malausséna.