« Nous voulons être aux côtés de ces victimes. Nous recevrons l’ensemble des déclarations qu’elles souhaiteront faire. » La procureure de Paris, Laure Beccuau, appelle les victimes françaises potentielles à se manifester.

Invitée sur Franceinfo, elle a également annoncé l’ouverture de deux « enquêtes cadres » au sein du parquet de Paris, qui « porteront sur deux volets distincts : l’un relatif aux infractions [à connotation sexuelle], l’autre concernant les éventuelles ramifications « économiques et financières ».

Des victimes françaises « pas forcément connues »

La procureure espère également, outre les publications, des « sources ouvertes ». « Cette publication va nécessairement réactiver le traumatisme de certaines victimes, dont pour partie d’entre elles nous avons la conviction qu’elles ne sont pas forcément connues. Peut-être ces nouvelles publications vont les conduire à se manifester »

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Le 14 février,  le parquet de Paris a annoncé se saisir des trois millions documents mis en ligne, le 30 janvier, par le gouvernement américain dans le cadre de l’affaire Epstein.

Toute personne citée peut faire l’objet d’une enquête

Concrètement, cela veut dire que toute personne citée dans les « Epstein files » est désormais susceptible d’intéresser la justice française et de faire l’objet d’une enquête pour d’éventuelles infractions « pour lesquelles la loi française serait applicable », a précisé samedi le parquet de Paris. 

Jusqu’ici, le parquet de Paris avait indiqué qu’il travaillait sur le « simple signalement » adressé par le ministère des Affaires étrangères au sujet du diplomate Fabrice Aidan, et sur deux plaintes. La première a été déposée mercredi dernier par une ancienne mannequin, Ebba Karlson, qui accuse Daniel Said, recruteur et rabatteur présumé de Jeffrey Epstein à Paris, de l’avoir violée en France en 1990. La deuxième, issue du dessaisissement du parquet de Thonon-les-Bains, vise le chef d’orchestre Frédéric Chaslin et porte sur des faits de harcèlement sexuel, en 2016. Ces deux plaintes « sont en cours d’analyse », expliquent les services de Laure Beccuau.

Jeffrey Epstein possédait entre autres un appartement de 800m2 à Paris pendant vingt ans.