PER après 70 ans : la nouvelle règle fiscale qui change la
donne

On incite les Français à préparer leur retraite via le
Plan d’Épargne Retraite. Et ça marche : selon
Bercy, on compte 11,2 millions de titulaires pour
près de 120 milliards d’encours. Sauf qu’une
mesure glissée dans la Loi de finances 2026,
adoptée en février, vient bousculer les plans des plus âgés. Elle
est passée presque inaperçue, mais ses effets seront très concrets
pour une partie des seniors.

Autre signal faible, déjà acté : les prélèvements sociaux sur
les produits des PER sont passés de 17,2 % à 18,4
%
, quand l’assurance-vie a été épargnée
par cette hausse. Le vrai déclic, pourtant, se joue ailleurs. Et il
touche directement les épargnants de plus de 70 ans.

Ce que la loi de finances 2026 prévoit pour le PER après 70
ans

Jusqu’ici, sous conditions et dans la limite de plafonds, les
versements volontaires sur un PER étaient déductibles du
revenu imposable
. C’était l’argument clé pour compléter sa
retraite en réduisant immédiatement son impôt. Or la Loi de
finances 2026
supprime cette déductibilité une fois
l’âge de 70 ans atteint, avec une entrée en
vigueur annoncée au 1er janvier 2026.
L’architecture du produit ne change pas, mais son avantage phare
disparaît à cet âge.

Conséquence très pratique : au-delà de 70 ans, les versements
n’allègent plus l’impôt. Les seniors encore actifs, souvent des
professions indépendantes ou libérales, perdaient un levier fiscal
utilisé pour lisser leurs revenus de fin de carrière. Pour
certains, l’addition grimpera dès l’an prochain, car la même
épargne pèsera désormais dans l’assiette imposable.

Qui est vraiment ciblé et pourquoi certains paieront plus
d’impôt

Le dispositif vise surtout les plus de 70 ans qui continuent de
travailler et qui versent régulièrement sur leur PER. Typiquement,
des indépendants et libéraux imposés, parfois avec des revenus
irréguliers, utilisaient la déduction pour absorber une prime ou
une bonne année. Sans cet atout, un versement identique après 70
ans accroît le revenu imposable, donc l’impôt dû, toutes choses
égales par ailleurs.

Il faut ajouter l’autre étage de la fusée : la hausse des
prélèvements sociaux à 18,4 % sur les produits des
PER. Dans le même temps, l’assurance-vie échappe à
cette augmentation. Le signal est clair : le cadre fiscal du PER se
durcit pour les seniors, surtout ceux qui restent en activité et
misent sur la capitalisation pour doper leur niveau de vie.

Que faire avant et après 70 ans pour
adapter son épargne retraite ?

Avant 70 ans, le PER garde tout son sens pour les contribuables
imposés : les versements volontaires réduisent le revenu imposable,
sous plafonds. Anticiper des versements avant de franchir le cap
des 70 ans permet de sécuriser l’avantage de
déductibilité
tant qu’il existe. Ce réflexe compte
d’autant plus quand on a commencé à cotiser tard et que la
capitalisation sert de complément vital à une pension plus
modeste.

Après 70 ans, il reste possible d’alimenter son PER, mais sans
bonus fiscal à l’entrée. La décision devient donc budgétaire et
patrimoniale, pas fiscale. Mieux vaut comparer l’“effort d’épargne
net” via un PER sans déduction avec une enveloppe concurrente comme
l’assurance-vie, restée hors hausse des
prélèvements sociaux. En bref, le PER n’est pas remis en cause,
mais il perd son principal atout passé 70 ans, ce qui change la
stratégie des seniors imposables.