Le photographe de presse Jean-Michel Mart expose plus de 300 clichés à l’espace Échelles de la Ville, à Montpellier, jusqu’au 29 mars 2026. À travers des jeux de miroirs et de contrastes saisissants, l’infatigable reporter de Midi Libre dévoile trois décennies de vie locale, mêlant célébrités de passage et anonymes dans une rétrospective à la fois poétique et engagée.
Plus de trois décennies à déclencher son appareil photo. Ça en fait des clichés pour Jean-Michel Mart, infatigable photographe de Midi Libre, exerçant à la locale de Montpellier depuis 1991. Aux Échelles de la Ville, pile en face du tout nouveau centre artistique Mille Formes, il nous offre plus de 300 photographies qui ont pour point commun d’avoir été prises à Montpellier, dans le cadre de ses fonctions ou non. « Je fais des photos tous les jours », confie Jean-Michel.
L’art du parallélisme et de l’antithèse
Ce projet d’exposition est dans sa tête depuis longtemps. C’est donc patiemment qu’il a mis des clichés de côté, avec le souci de les faire correspondre. Dans cette exposition baptisée sans malice « Les Montpelliérains », les photographies vont par deux. Une association qui s’articule autour du parallélisme (des éléments sont communs) ou de l’antithèse (des éléments s’opposent).

La dimension plastique de certaines photographies.
Midi Libre – JEAN MICHEL MART
Des images traversées de symboles
Ainsi, à une feuille qui vole au-dessus de la place de la Comédie répond, en dessous, une affiche oubliée sur un tapis automnal. À un vieux monsieur qui traverse les rails du tramway est associé un enfant sur la piste d’athlétisme du stade Philippidès. Mais Jean-Michel semble avoir une préférence pour les contrastes. À une photo d’un couple qui s’embrasse à la gare répond un homme en combinaison de protection biologique pendant la crise du H5N1, au même endroit. Il y a aussi la commémoration des victimes de la Shoah, associée à un intérieur – montpelliérain évidemment – où l’on aperçoit le portrait de Pétain. Que dire du cliché montrant les frères Pourcel avec, en dessous, deux bébés siamois dans un bocal du musée d’anatomie ?

L’œil coquin du photographe au musée du Moulages.
Midi Libre – JEAN MICHEL MART
Le « diplôme de la subversion »
Le photographe raconte qu’un journaliste quittant un jour la rédaction lui avait décerné le « diplôme de la subversion ». « On peut faire passer des messages là où les rédacteurs s’autocensurent parfois », souligne Jean-Michel, qui estime avoir réalisé environ 25 000 reportages depuis le début de sa carrière.
Des visages connus mais pas Nicollin
Parmi les clichés, on trouve de nombreuses célébrités comme Guy Bedos, Vincent Lindon, Alain Souchon, Zidane, Higelin ou encore James Brown. « C’est l’un des trucs qui m’a le plus impressionné, une bête de scène », lâche Jean-Michel, qui regrette que la Culture soit sacrifiée au profit du sport. Mais à ce propos, pourquoi ne voit-on pas Louis Nicollin ? « Ma photo préférée de Louis Nicollin, je l’ai faite à Marseille », justifie le collègue. Mais il y a tellement d’autres visages à voir qu’il est tout excusé.
Jusqu’au dimanche 29 mars, du mardi au dimanche de 10 h à 13 h et de 14 h à 18 h. Échelles de la Ville – 1, place Paul-Bec, Montpellier. Entrée libre.