La Cocarde étudiante avait appelé à un rassemblement, mercredi soir, en mémoire de leur «camarade lâchement assassiné». Les services de l’État craignent de graves troubles à l’ordre public, en raison de la mobilisation également prévue des mouvements d’extrême gauche nantais.
Vigilance accrue dans la cité des ducs. Un rassemblement en hommage à Quentin Deranque a été interdit à Nantes par la préfecture de Loire-Atlantique, près d’une semaine après la mort, à Lyon, du jeune étudiant nationaliste de 23 ans après avoir été roué de coups, le 12 février, par des militants d’extrême gauche. Organisé à l’initiative du syndicat identitaire La Cocarde étudiante, la manifestation, déclarée en préfecture, était attendue en début de soirée, place des Enfants nantais, ce mercredi. Un contre-rassemblement antifasciste non déclaré avait aussitôt été mis sur pied, avec un point de rendez-vous fixé à 19h30, à quelques centaines de mètres du rassemblement de La Cocarde.
La préfecture a justifié son interdiction de manifester par de «graves risques de troubles à l’ordre public», notamment «à l’initiative des militants les plus radicaux». Les services de police anticipaient, mardi soir, la venue de près de 150 à 200 personnes pour chacun des deux rassemblements respectifs, dont plusieurs profils de «la mouvance antifasciste nantaise» et «issus de l’ultradroite». L’hommage à Quentin Deranque, décrit par La Cocarde comme un «camarade lâchement assassiné par l’extrême gauche», avait été relayé par plusieurs groupes identitaires ou royalistes, tels que Génération Z Pays de la Loire, la Ligue ligérienne, l’Action française ou encore Korser Nantes. «L’atmosphère est hypersensible», confirme une source policière.
«Recherche d’affrontements»
Plusieurs rixes ont opposé, ces dernières années à Nantes, les mouvances d’extrême gauche à des groupuscules identitaires. La préfecture de Loire-Atlantique note, dans son arrêté publié mercredi matin, que le contexte local a été marqué par une «recherche d’affrontements entre les antifas de l’ultragauche et les partisans de l’extrême droite». En octobre 2025, un affrontement avait notamment éclaté en marge d’un hommage à Lola organisé par La Cocarde étudiante. Les forces de l’ordre avaient procédé à six interpellations lors de ces violences. D’autres affrontements ont également eu lieu, de manière épisodique, sur le campus universitaire nantais.
Mardi, neuf suspects, dont Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député insoumis Raphaël Arnault, ont été interpellés dans le cadre de l’enquête pour «homicide volontaire» ouverte après la mort de Quentin Deranque. Étudiant en mathématiques à l’université Lumière-Lyon-II, le jeune militant nationaliste a été roué de coups lors d’un affrontement entre groupes identitaires et antifascistes, en marge d’une conférence organisée par l’eurodéputée insoumise Rima Hassan.