L’issue était inéluctable. Déclassé par Frank McCourt, pour qui il est longtemps apparu comme l’homme providentiel à l’OM, Pablo Longoria ne souhaite pas rester au sein du club marseillais dans un simple rôle de représentant auprès des instances nationales et européennes qui ne correspond plus à son poste de président. Relégué au second plan derrière Medhi Benatia, à qui les pleins pouvoirs sportifs ont été confiés jusqu’au mois de juin, l’Espagnol va donc quitter prochainement l’institution olympienne, où il était arrivé durant l’été 2020 en tant que « head of football » avant de reprendre le poste tenu jusqu’alors par Jacques-Henri Eyraud en février 2021.

Il ne pensait pas être trahi par Benatia

Cinq ans après sa nomination, et au terme d’un mandat équivalent en longueur (cinq ans) à ceux de Vincent Labrune (2011-16) ou « JHE » (2016-21), l’Ibère, dont le profil pourrait rapidement intéresser d’autres écuries européennes, va mettre un terme définitif à son aventure en Provence. Des négociations doivent être enclenchées par l’intermédiaire de son avocat. Si on ne sait pas combien de temps elles vont durer, il est en revanche acquis qu’on ne reverra plus le natif d’Oviedo dans son futur ex-bureau.

Dans son entourage, on précise par ailleurs que même s’il ne pensait pas être trahi à ce point par l’ancien défenseur de la Juve, qu’il a lui-même recruté puis installé en tant que directeur du football, le bientôt quadragénaire (39 ans) ne nourrit aucune rancune à l’égard du propriétaire américain, souhaite avant tout que l’OM termine bien la saison sportivement, et est conscient des erreurs qu’il a lui aussi pu commettre. Il avait en revanche tiqué en s’apercevant que les banderoles hostiles du Vélodrome n’étaient adressées qu’au Bostonien et lui.

En désaccord depuis le mois de novembre

Des dissensions entre Longoria et Benatia, révélées par La Provence, avaient éclaté en fin d’année. Les deux hommes cohabitaient difficilement depuis le mois de novembre, alors que le Franco-Marocain s’opposait aux choix stratégiques et à la politique menée par le nouveau directeur général, l’Italien Alessandro Antonello, ancien de l’Inter Milan, proche du premier, et toujours en poste à ce jour.

Quant à son rôle au sein de la LFP, il était réduit à sa plus simple expression ces derniers mois, et c’est avec Shéhérazade Semsar-de-Boisséson, vice-présidente du conseil de surveillance, que la Ligue a le plus échangé cette saison. Une instance au sein de laquelle l’OM a perdu énormément de crédibilité depuis un an. La représentante de Frank McCourt n’est d’ailleurs pas associée à toutes les réunions de travail.