Nikolai Patrushev, haut responsable du Kremlin et président du Conseil maritime russe, a averti que Moscou pourrait déployer sa marine pour empêcher la saisie de ses navires marchands par des puissances occidentales, estimant que de telles actions menacent les intérêts économiques russes et pourraient nécessiter une réponse ferme.
Nikolai Patrushev, haut responsable du Kremlin et président du Conseil maritime russe, a lancé un avertissement ferme aux puissances occidentales, en particulier le Royaume-Uni, la France et les pays baltes, affirmant que la Russie pourrait déployer sa marine pour empêcher la saisie de ses navires marchands et pourrait même riposter contre des navires européens si de telles actions se poursuivent. Selon lui, tel que relayé par une depêche de Reuters, les efforts occidentaux visant à interdire ou à arrêter des pétroliers liés à des exportations de pétrole russe, ce que l’Union Européenne appelle la flotte fantôme, sont assimilables à des « attaques de piraterie » contre le commerce maritime russe et menacent un secteur vital de l’économie nationale.
Patrushev a mis en garde contre le fait que, si la Russie ne donne pas une réponse ferme, les puissances occidentales pourraient devenir « arrogantes » et aller jusqu’à tenter de bloquer l’accès de la Russie aux mers, notamment dans le bassin de l’Atlantique ou autour de l’enclave russe de Kaliningrad. Il a soutenu que tout blocus naval contre la Russie serait illégal au regard du droit international et rejeté la notion de flotte fantôme comme une « fiction juridique », tout en appelant à un renforcement permanent des forces navales russes dans les zones maritimes clés afin de « refroidir l’ardeur des pirates occidentaux ».
Ces propos interviennent dans un contexte de pression accrue de l’UE, du Royaume-Uni et des États-Unis pour perturber les réseaux de transport pétrolier russe. Récemment, la marine française a intercepté le pétrolier Grinch dans la Méditerranée, le redirigeant vers le port de Marseille-Fos pour des vérifications de conformité et a prononcé une sanction financière de plusieurs millions d’euros avant de le laisser repartir.
Patrushev a également critiqué ce qu’il appelle la « gunboat diplomacy » (diplomatie de canonnières) menée par les États-Unis et leurs alliés, notamment autour de zones comme le Venezuela ou l’Iran, et déclaré que la Russie travaillait à moderniser sa marine dans le cadre d’un programme jusqu’en 2050.
© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs