Seule nouveauté au programme des Jeux olympiques d’hiver, le ski-alpinisme propose à partir de ce jeudi des formats d’épreuves très dynamiques et télégéniques. Et les Français ont de grandes chances d’y briller.

Alerte nouveauté. Après le skicross (à Vancouver en 2010), le slopestyle (à Sotchi en 2014) et le snowboard big air (à Pyeongchang en 2018), une discipline fait son entrée aux Jeux olympiques d’hiver cette semaine à Milan-Cortina. Il s’agit du ski-alpinisme, qui se déroulera jeudi et samedi au pied de la Stelvio, à Bormio.

Qu’est-ce que le ski-alpinisme aux JO ?

Dérivée du ski de randonnée, le ski-alpinisme version olympique propose trois épreuves – les sprints hommes/femmes et le relais mixte – qui s’annoncent dynamiques, très spectaculaires et télégéniques. Le principe est simple : les athlètes engagés devront monter skis aux pieds le plus vite possible environ 70 mètres de dénivelé positif, avec ensuite une phase de «portage» de leurs skis sur le dos, dans une pente et une montée d’escaliers, avant de redescendre la piste à toute allure. Le tout durant un effort extrêmement explosif de trois minutes, sur un parcours proposant des choix multiples à certains endroits.


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Les différentes manches (qualifications, quarts de finale, demies et finale), avec six athlètes au départ à chaque fois, vont s’enchaîner. Et comme en triathlon, «les trois phases de transition – mettre les skis sur le dos, remettre les skis, enlever les peaux de phoques (placées sous les skis lors des montées) – sont souvent décisives. Il n’y a pas le droit à l’erreur. Si tu fais une erreur, tu vas perdre une ou deux secondes et c’est fatal», promet Léo Viret, l’entraîneur principal de l’équipe de France, interrogé par l’AFP. «Ça se rapproche d’un 800 mètres en athlétisme», compare-t-il en termes «d’effort lactique» réalisé par les participants.

JO d’hiver 2026 : Emily Harrop et le ski-alpinisme, une occasion en or

«Il faut une maîtrise technique parfaite. Il faut avoir la maîtrise du matériel, les peaux de phoque, le sac à dos, comment mettre les skis sur le sac, et tout ça de façon très rapide, parce que la course peut se jouer à quelques secondes, résumait au Figaro la championne française Emily Harrop.  On essaie de faire chaque geste le plus rapidement possible, il faut les ancrer. C’est comme le tir en biathlon, comme le geste en tennis, il faut que cela se fasse de façon la plus naturelle possible et qu’on n’ait qu’à penser à notre effort. Et, pour la descente, on a de tout petits skis, il faut être lucide, garder un peu d’énergie, parce que ça peut vite être un calvaire.»

Pourquoi son arrivée aux Jeux fait débat ?

L’essence même du ski-alpinisme, discipline plus vieille que le ski alpin, reste d’évoluer dans les grands espaces en montagne, se balader en milieu ouvert avec un goût de l’aventure et de la liberté. C’est pourquoi, depuis l’annonce en 2021 de son apparition au programme des JO 2026, certaines grandes voix s’étaient élevées pour émettre des réserves. Star de l’ultra-trail, l’Espagnol Kilian Jornet avait notamment regretté l’absence aux Jeux de formats plus longs aux JO tels que l’individuel, la course historique qui dure plusieurs heures avec des montées et descentes en hors-piste.

La course par équipes (plus longue qu’un relais) et la Vertical race (une montée sèche), autres disciplines organisées toute l’année sur le circuit de Coupe du monde, ne figurent pas non plus au programme à Milan-Cortina. Le sprint et le relais sont «agréables à regarder» mais «loin de ce qu’est le ski-alpinisme», déplorait Jornet. Finalement, le Catalan de 38 ans a accepté de rejoindre l’aventure olympique en devenant l’entraîneur de son compatriote Oriol Cardona Coll, principal rival de Thibault Anselmet chez les hommes. «Aux Jeux, les disciplines sélectionnées sont les plus courtes, les plus dynamiques parce que les racines du ski-alpinisme sont de longues courses en montagne. J’espère que le spectacle sera apprécié», éclaire Emily Harrop, qui s’entraîne «en montagne toute l’année.»

La France va-t-elle collecter les médailles ?

Oubliez les débats, il est impossible de manquer le ski-alpinisme car les Français ont toutes les chances d’obtenir des médailles. Chez les femmes, Emily Harrop est quadruple vainqueure de la Coupe du monde. Vice-championne du monde du sprint en 2025, la Tricolore de 28 ans est surtout tenante du titre du petit globe de la spécialité. Elle fait donc figure de favorite pour la médaille d’or tandis que sa jeune compatriote Margot Ravinel (23 ans), en embuscade, prétend également au podium.


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Chez les hommes, Thibault Anselmet (trois globes de cristal entre 2023 et 2025, vice-champion du monde du sprint) vise aussi le titre olympique. Pablo Giner Dalmasso est le deuxième Français en lice. Vous l’avez compris, la France espère a minima deux médailles ce jeudi. Avant un relais mixte, samedi, qui pourrait consacrer le duo Harrop-Anselmet, double champion du monde en titre (2023, 2025). Attention toutefois, sur les trois courses, aux Suisses, aux Espagnols et aux Italiens.

Le programme du ski-alpinisme aux JO 2026

Jeudi 19 février – Sprint hommes et femmes

  • 09h50 – Séries femmes
  • 10h30 – Séries hommes
  • 12h55 – Demi-finales femmes
  • 13h25 – Demi-finales hommes
  • 13h55 – Finale femmes
  • 14h15 – Finale hommes

Samedi 21 février – Relais mixte