La Voie Bleue, qui relie Lyon à la frontière luxembourgeoise sur près de 700 kilomètres de voies en majorité en site propre, vient d’être distinguée.
Les Français pédalent chaque année un peu plus pour leurs loisirs. 22 millions de nos compatriotes enfourche un vélo pendant leurs vacances selon des données gouvernementales, et notre pays se positionne aujourd’hui derrière l’Allemagne comme la principale destination mondiale pour le cyclotourisme. Une dynamique qui repose sur le développement de véloroutes françaises ou internationales («Eurovélo») qui deviennent peu à peu une spécialité hexagonale. À l’image de la jeune Voie Bleue, fraîchement sacrée véloroute européenne de l’année 2026 par un jury international d’experts du cyclotourisme à un salon spécialisé à Utrecht, aux Pays-Bas.
Une reconnaissance pour cet axe cyclable de 700 km reliant Apach, à la frontière luxembourgeoise, à Lyon, en longeant la Moselle, le canal des Vosges et la Saône.«Il y a vraiment eu une coordination très importante et un effort fait ces cinq dernières années pour mettre l’itinéraire à un niveau, un standard un peu néerlandais», se réjouit Yoann Gauthiot, responsable du comité d’itinéraire de La Voie Bleue.
Un succès collectif. 33 collectivités partenaires (trois régions, huit départements et plus d’une vingtaine d’intercommunalités) ont œuvré pour aménager, sécuriser et homogénéiser le parcours, dont la quasi-totalité se trouve en France. La fréquentation a progressé de 6 % en 2025, soit 1,1 million de passages cyclistes dont 10% dans le cadre pur du cyclotourisme.
Parcours essentiellement plat
Carte de l’itinéraire cyclable «La Voie Bleue», reliant le Luxembourg à Lyon sur près de 700 km.
La Voie Bleue
Premier atout : plus de 80 % du tracé est aménagé en voie verte, c’est-à-dire exclusivement réservé aux cyclistes. «On a le record national de voie verte sur l’itinéraire. Il n’y a pas tant d’itinéraires que ça en France, de cette taille-là, qui ont une part aussi importante de voie réservée», appuie Yoann Gauthiot. Le fait que les cyclistes pédalent en sécurité sur ces portions (en France, le taux de voies vertes n’est en moyenne que de 46%) a retenu l’attention du jury, de même que le balisage clair et homogène, la signalisation, le revêtement, la qualité paysagère, les points d’intérêt, les équipements. Fermez le ban !
Un autre point est à souligner : le maillage avec les transports publics. L’itinéraire est en effet intégralement accessible en train, grâce à un réseau dense de gares dans des villes comme Metz, Nancy, Épinal, Dijon, Chalon-sur-Saône, Mâcon ou Lyon. Ce qui permet de moduler son parcours selon son niveau ou la météo.
Autre caractéristique déterminante, «l’itinéraire est entièrement plat. Comme on longe l’eau, on roule à plat tout le temps sur des voies vertes», souligne le responsable. Un atout pour séduire notamment les débutants ou les seniors. Les établissements labellisés Accueil Vélo proposent par ailleurs des services adaptés, notamment la recharge des vélos à assistance électrique. «Globalement, ce n’est pas un souci : les bons VAE ont une autonomie de 80 kilomètres, donc on peut largement faire une étape sans recharger», précise-t-il.
Immersion au fil de l’eau
Au-delà de ses performances techniques, la véloroute séduit par l’expérience qu’elle propose. «Vous êtes vraiment au bord de l’eau, à un mètre de la rivière», souligne confie Yoann Gauthiot. Et l’itinéraire profite de la richesse patrimoniale de l’est de la France : châteaux, vignobles, musées, centres anciens et marchés locaux sont de beaux produits d’appel pour des étrangers qui représentent un quart de la fréquentation.
Cap au nord : une ambition européenne
Fort de ce titre – qui devrait renforcer encore l’attractivité du parcours «notamment auprès de la clientèle néerlandaise» – le comité d’itinéraire regarde déjà au-delà des frontières françaises. À horizon trois à quatre ans, l’ambition serait de prolonger la dynamique vers une continuité européenne jusqu’à la mer du Nord. «L’objectif serait de faire Lyon-mer du Nord en passant par la Voie Bleue», explique Yoann Gauthiot. Des discussions sont engagées avec des partenaires potentiels au Luxembourg, en Belgique, en Allemagne…pour dessiner ce futur axe transnational.
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