Le
ramadan a débuté ce mercredi 18 février 2026 en France et
devrait se prolonger jusqu’à la mi-mars. Durant ce mois sacré, les
musulmans observent le jeûne du lever au coucher du soleil,
s’abstenant de boire et de manger jusqu’à l’heure du ftour, moment
précieux de la rupture
du jeûne. Si cette tradition se vit souvent en famille, autour
d’une table généreuse à la maison, elle peut aussi être l’occasion
de se retrouver à l’extérieur, au restaurant. À Paris, de
nombreuses tables célèbrent le ramadan en proposant des menus
spécialement imaginés pour le ftour, tandis que d’autres offrent
une carte parfaitement adaptée pour se régaler. Adresses
traditionnelles ou plus contemporaines, à vous de faire votre
choix.
Les restaurants où dîner à Paris
pendant le ramadan
Em Sherif Café
Institution au Liban, où beaucoup le considèrent comme l’un des
meilleurs restaurants du pays,
Em Sherif Café a inauguré sa première adresse parisienne en
2025, après avoir conquis plusieurs capitales à travers le monde.
Portée par la vision de la cheffe autodidacte Mireille Hayek et de
sa fille Yasmina, cette table pensée comme une « extension de leur
foyer » célèbre le meilleur de la cuisine libanaise dans un décor
sophistiqué imaginé par l’architecte beyrouthin Samer Bou Rjeily. À
table, le festin débute par une farandole de mezzés à partager :
salade fattoush, houmous généreux relevé de tahini et de citron
servi avec des pains encore fumants, fatteh d’aubergines confites
nappé de yaourt au pesto maison, parsemé de pignons et de chips de
pita croustillantes. S’ajoutent des man’ouché, pains libanais
chauds et moelleux, ou encore des brochettes rôties accompagnées de
batata harra, ces pommes de terre sautées et épicées. Impossible
enfin de faire l’impasse sur les desserts : kunefe fondant,
mouhalabieh soyeux, baklava à la pistache ou glace ashta rendent le
choix délicieusement difficile.
- 134 Bd Haussmann, 75008 Paris
Hanaa
Récemment ouvert dans le 11e arrondissement, Hanaa invite à
(re)découvrir la cuisine algérienne, encore trop méconnue en dehors
des tables familiales, dans une version bistronomique inspirée. Ses
trois fondateurs, le chef Mahdi Abid, l’architecte d’intérieur
Yassine Menacere et la directrice artistique Dorianne Menacere, ont
imaginé un lieu de plaisir et de partage, qui raconte l’Algérie
autrement, loin des clichés. En cuisine, Mahdi Abid signe une carte
sincère et personnelle. À l’honneur, les soupes traditionnelles
comme la chorba ou la hrira. Côté kémias, bricks croustillantes,
chlita (une salade de poivrons et tomates confites) et aubergines à
la chermoula ouvrent l’appétit. On découvre aussi la rechta
algéroise, composée de pâtes artisanales servies dans un bouillon
parfumé à la cannelle, avec légumes, pois chiches et poulet. En
dessert, le mehalbi constantinois, délicatement parfumé à la fleur
d’oranger, pistache et miel, conclut le repas avec douceur. Pendant
le ramadan est proposé un menu spécial Iftar à 35 euros, avec
dattes et lait fermenté, chorba, hrira ou bourek et plat du jour au
choix.
- 123 Rue du Chemin Vert, 75011
Paris
Charly
Institution marocaine et repaire des habitués du quartier de la
Porte Maillot, Charly déploie une carte solaire entre Marrakech et
la Méditerranée. L’histoire débute en 1962, avec l’ouverture du
premier restaurant familial, Charly Bab El Oued, dans le 15e
arrondissement. En 1979, la famille inaugure une seconde adresse à
la Porte Maillot, qui continue de se réinventer et d »accueillir les
gourmets. Dans un décor qui évoque les riads marocains, on savoure
une cuisine de tradition et de partage qui met à l’honneur les
grands classiques du Maghreb. Pendant le ramadan, un menu spécial
ftour à 39 euros est proposé avec du lait et des dattes pour rompre
le jeûne, une soupe harira, un plat au choix et un thé à la menthe.
Parmi les incontournables de la carte ? Le couscous, réputé comme
l’un des meilleurs de Paris, servi avec cinq pièces de grillades,
la tangia de Marrakech (un agneau confit dix heures en jarre
d’argile), ou encore les tajines de poulet aux citrons confits et
d’agneau aux pruneaux et abricots.
- 97 Bd Gouvion-Saint-Cyr, 75017
Paris
Elbi
En 2025, le talentueux chef
Omar Dhiab, qui s’était déjà fait remarquer avec sa première
table gastronomique éponyme, auréolée d’une étoile Michelin,
inaugurait Elbi, son bistrot inspiré par l’Égypte et la Tunisie,
dans le 10e arrondissement. Une table de cœur (« elbi » signifie
« cœur » en arabe), en clin d’œil aux racines du chef, né d’un père
égyptien et d’une mère tunisienne. Dans un cadre très contemporain
et ultra-design, imaginé par le studio Mur.Mur, défilent dans les
assiettes des spécialités rares à Paris : harissa mijotée dans une
huile d’olive maturée, servie avec un pain égyptien traditionnel ;
tempura de feuilles de vigne ; scotch egg pané façon taameya, le
falafel égyptien ; ou encore des hawawchis, ces sandwichs
emblématiques de la street-food égyptienne. Le plat signature du
restaurant ? La fameuse demi-volaille nappée de sauce molokheya, à
base de feuilles de corète. Une recette très populaire en Afrique
du Nord (notamment en Tunisie et en Égypte), ici interprétée avec
des feuilles de corète cultivées en France. À accompagner
absolument d’un riz aux vermicelles, oignons dorés et cébette, lui
aussi exquis, que l’on peut même enrichir, si on le souhaite, de
cœurs et de foies. Les desserts sont tout aussi remarquables :
gâteau de semoule à la fleur d’oranger, riz au lait façon kunefe
nappé d’un caramel à la dukkah et aux dattes, ou encore des glaces
aux associations surprenantes, comme un sorbet fraise relevé de
petites olives salées ou une crème glacée à la pistache et praliné
de graines de coriandre.
- 54
Rue de Paradis, 75010 Paris
Choukran
Les adresses
Choukran du chef Abdel Alaoui, qu’on adore pour leurs décors
pop et vibrants, situées du côté du Sentier et de la rue des
Martyrs, se mettent à l’heure du ramadan avec un menu spécial ftour
proposé dans leurs deux casbahs. Deux formules au choix. La formule
sandwich à 28 euros comprend l’un de leurs célèbres kazdal : une
crêpe msemen garnie de viande, d’herbes fraîches et de leur
emblématique « magic sauce » au fromage blanc. La formule plat à 32
euros laisse le choix entre un couscous, une marmite (poulet au
citron ou kefta à l’œuf) ou une rfissa, poulet traditionnel servi
avec trid. Le tout s’accompagne d’œufs au cumin, de dattes, d’une
soupe hrira, de bricks de kefta au fromage, de chebakiya en dessert
et d’un thé à la menthe.
- 29 Rue Saint-Georges, 75009
Paris - 69 Rue d’Aboukir, 75002 Paris
Maison Gazelle
À l’occasion du mois de ramadan, Maison Gazelle, adresse
emblématique de la gastronomie franco-marocaine artisanale fondée
en 2024 par Sara Boukhaled, dévoile une formule ftour fidèle à son
savoir-faire, entre respect des traditions et modernité. Dans son
écrin de Saint-Germain-des-Prés, chaque soir pendant un mois, les
convives sont invités à partager un moment de convivialité autour
d’une expérience culinaire pensée pour ce temps sacré. Le ftour met
à l’honneur les incontournables des tables marocaines, à travers un
menu évolutif conçu pour répondre aux besoins du corps après une
journée de jeûne. On rompt le jeûne avec un lait d’amande maison à
l’avocat et au miel, suivi d’une harira relevée d’un trait de
citron. Tajine ou pastilla composent le plat principal, tandis que
des eaux infusées maison (gingembre, citron, menthe ou concombre)
sont mises à disposition pour s’hydrater.
- 160 Bd Saint-Germain, 75006
Paris
Del Carmen Café
Dans le 11e arrondissement, Pia, la fondatrice du coffee shop
cosy et chaleureux Del Carmen, joue les prolongations pendant le
ramadan avec ses « Ramadan Nights ». Pendant trois soirées, le 19
février, le 26 février et le 12 mars, elle ouvrira son café
exceptionnellement en nocturne. L’occasion d’accueillir celles et
ceux qui ont jeûné toute la journée (mais pas que) autour de ses
boissons caféinées signature, de matcha latte et de snacks
gourmands, dans une atmosphère conviviale.
- 49 Rue Saint-Sébastien, 75011
Paris