
Crédit : Noëlline Garon
Confronté lui-même à une utilisation excessive de son téléphone — pouvant atteindre plus de huit heures quotidiennes passées à consulter les réseaux sociaux — Célestin Alusse a imaginé Waiki, une application associée à un boîtier physique destinée à lutter contre l’addiction numérique.
La solution à la difficulté de se déconnecter
Étudiant à l’INSA Rennes, le jeune entrepreneur a conçu ce dispositif comme une réponse concrète à la difficulté de se déconnecter durablement.
Le principe repose sur une contrainte matérielle : l’utilisateur doit scanner un boîtier pour verrouiller certaines applications, puis le rescanner pour en rétablir l’accès. Cette action volontaire introduit un temps de réflexion supplémentaire, là où les bloqueurs logiciels classiques restent facilement contournables. L’objectif est ainsi de briser l’automatisme du « scroll » continu et de réintroduire un choix conscient dans l’usage du téléphone.
Célestin AlusseCélestin Alusse
Crédit : Noëlline Garon
Originaire de Clisson, Célestin explique que son projet est né après avoir tenté, en 2024, de supprimer entièrement ses comptes sur Instagram et TikTok. Si cette démarche s’est révélée efficace pendant plusieurs mois, il a rapidement constaté la difficulté de maintenir cette coupure sur le long terme, d’où l’idée d’un outil permettant de réguler l’usage plutôt que de l’interdire.
Plusieurs prototypes expérimentés à Nantes et Rennes
Plusieurs prototypes ont été expérimentés auprès de proches mais aussi dans des structures collectives, notamment dans les bibliothèques universitaires de Nantes et de Rennes. Placé à l’accueil, le boîtier permet aux étudiants de verrouiller leurs applications à leur arrivée afin de créer un environnement propice au travail, puis de les réactiver en quittant les lieux. Les premiers retours d’usage, impliquant déjà plusieurs dizaines d’étudiants, se révèlent encourageants.
Célestin AlusseCélestin Alusse
Une campagne de financement participatif a été lancée afin d’assurer la pérennité du projet et le dépôt du brevet. Plus de 250 boîtiers ont d’ores et déjà été commandés, vendus au prix de 19 euros, l’objectif étant d’atteindre au moins 500 unités.
À terme, le créateur ambitionne d’équiper largement établissements collectifs et foyers particuliers, avec l’intention de contribuer à faire émerger un véritable « droit à la déconnexion » dans les usages quotidiens du numérique.