Les vols entre Limoges et Paris Orly ont repris ce jeudi 19 février. Le faible taux de remplissage des premiers avions peut questionner, alors que la liaison avait été arrêtée en 2023 par manque de fréquentation. Volotea se veut optimiste et compte développer son ancrage sur le territoire avec de futurs destinations vers l’Europe et l’Afrique.

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Le soleil n’est pas encore levé que les premiers voyageurs vers Paris se pressent sur le tarmac de l’aéroport Limoges Bellegarde.

La liaison aérienne entre les deux villes a repris, ce jeudi 19 février, à 6 h35 pour le premier décollage. Cela faisait trois ans qu’elle n’était plus assurée. « Pour le travail, pour faire un aller-retour, c’est très bien. Je vais juste à côté d’Orly, c’est pratique », témoigne Patrice, l’un des voyageurs qui avait jusque-là l’habitude de prendre le TGV au départ de Poitiers ou Angoulême.

Deux rotations par jour en semaine et un aller-retour le dimanche, seront désormais assurés par la compagnie low-cost espagnole Volotea. Le Syndicat mixte de l’Aéroport de Limoges Bellegarde s’est battu pour arriver à cette reprise, en obtenant d’abord une Obligation de service public (OSP), puis en parvenant à réunir les financements nécessaires. L’opération coûte 5,6 millions d’euros à l’Etat et aux collectivités locales entre le mois de février 2026 et fin mars 2027, date jusqu’à laquelle court le contrat avec Volotea.

La liaison aérienne entre Limoges et Paris assurée par Volotea est, pour l'instant, temporaire. Une Oligation de service public a été accordée par l'état jusqu'à fin mars 2027.

La liaison aérienne entre Limoges et Paris assurée par Volotea est, pour l’instant, temporaire. Une Oligation de service public a été accordée par l’état jusqu’à fin mars 2027.

© Noelle Vaille / France Télévisions

Pour le vol inaugural de ce jeudi 19 février, seulement une quinzaine de places ont été vendues. Un chiffre peu élevé, malgré les 150 sièges disponibles. « La mise en vente ne date que de deux semaines. Cela a été très rapide entre l’attribution du marché à Volotea et le premier vol. Ce matin, 17 passagers, c’est une excellente nouvelle. Ils seront un peu plus ce soir », se satisfait néanmoins le président de la CCI de la Haute-Vienne (gestionnaire de l’aéroport), qui se veut confiant quant à l’avenir de cette ligne.

En février 2023, Chalair avait décidé de stopper la liaison Limoges – Paris pour des raisons budgétaires et par manque de fréquentation. La compagnie avait commencé par proposer des billets vers Orly à 58 euros, mais l’aller-retour à bord de ses petits avions pouvait atteindre 300 à 400 euros.

Les avions utilisés par Volotea disposent de près de 150 sièges pour ses vols entre Limoges et Paris.

Les avions utilisés par Volotea disposent de près de 150 sièges pour ses vols entre Limoges et Paris.

© Noelle Vaille / France Télévisions

L’offre de Volotea est plus attractive avec un aller à partir de 49 euros, quand un billet de train Intercités en seconde classe coûte en moyenne une trentaine d’euros. Reste pour la compagnie à trouver sa clientèle qui, ce jeudi matin, était constituée exclusivement de travailleurs.

« La mise en route est toujours progressive. Vous verrez que les remplissages vont augmenter de manière significative. Il y a, dans Limoges, une grande campagne de communication. Nous voyons que les réservations augmentent de jour en jour, mais comme c’est une ligne domestique, les clients ne s’engagent pas forcément très longtemps à l’avance. Ils l’empruntent pour des rendez-vous médicaux ou d’affaires », souligne Gilles Gosselin, le responsable France de Volotea.

La durée de cette nouvelle liaison aérienne a été fixée à 14 mois, jusqu’en mars 2027. L’Obligation de service public (OSP) a été délivrée jusqu’en avril 2027, en attendant la fin des travaux et le déploiement des rames Oxygène sur la ligne ferroviaire POLT (Paris – Orléans – Limoges – Toulouse). Ces dernières devraient alors permettre de rejoindre en train la capitale en moins de 3 heures.

Tout comme le responsable France de Volotea, le président de la CCI de la Haute-Vienne souhaite que la ligne soit maintenue ensuite. « En 2027, l’avion continuera à voler, je l’espère. Nous ne pouvons surtout pas opposer train et avion. Pour ce qui est des rames Oxygènes, nous les attendons depuis tellement longtemps avec leurs quatorze allers-retours par jour. Avant que nous en soyons là, l’avion à de beaux jours devant lui », estime Pierre Massy, qui voit plus « d’avantages » que « d’inconvénients » à la mobilité aérienne.

Alors que le dérèglement climatique se manifeste de plus en plus durement entre sécheresses et inondations, l’empreinte carbone de l’aviation commerciale est régulièrement pointée du doigt. Notamment lorsqu’il est question de destinations intérieures pour lesquelles des alternatives moins « polluantes » existent. « Des trains en panne, est-ce que pour le confort des collaborateurs contraints de rester en pleine voie pendant des heures, la qualité de vie au travail est respectée ? Je n’en suis pas sûr. Arrêtons de voir le verre à moitié vide. Là, nous avons une bonne nouvelle, sautons sur l’occasion », répond Pierre Massy.

De son côté, la compagnie espagnole entend développer son ancrage sur le territoire grâce à de nouvelles destinations au départ de Limoges. « Dans quelques jours, nous annoncerons de nouvelles routes aériennes domestiques, vers l’Europe et vers l’Algérie. Ce qui va être à nouveau une excellente nouvelle. Notre objectif est de développer la connectivité au départ de l’aéroport », assure le responsable France de Volotea.