C’est une évolution importante qui promet de bouleverser les habitudes des voyageurs européens. Le gestionnaire des aéroports parisiens s’est dit favorable jeudi à une application « après l’été » des nouveaux contrôles automatisés aux frontières européennes, dont la mise en oeuvre progressive rencontre des difficultés selon le secteur aérien.

Se substituant aux tampons manuels, le nouveau système d’entrée sortie (EES) permet d’enregistrer les coordonnées et les données biométriques des voyageurs concernés, tout comme leurs dates d’entrée et de sortie, afin de suivre les dépassements de séjour et les refus d’entrée. Son déploiement s’effectue progressivement depuis octobre et il est censé fonctionner à 100% le 10 avril, à l’orée de la haute saison touristique.

Les données des passagers enregistrées automatiquement à l’entrée et à la sortie de l’UE

Le principal changement sera visible dès le contrôle : les tampons apposés à la main sur les passeports disparaîtront pour les voyageurs concernés. Le nouveau système enregistrera automatiquement les coordonnées des passagers, leurs données biométriques ainsi que leurs dates d’entrée et de sortie du territoire européen.

L’objectif est de mieux suivre les dépassements de séjour et les refus d’entrée. Concrètement, chaque passage laissera une trace numérique centralisée, ce qui modifiera la gestion des flux et le suivi administratif des voyageurs non européens.

L’autre évolution attendue concerne le temps de passage. Dans les pays où le système a été déployé plus largement, des files d’attente importantes ont été observées, parfois jusqu’à plusieurs heures selon les associations d’aéroports et de compagnies aériennes. À Paris, le Groupe ADP, gestionnaire de Paris-Charles-de-Gaulle et de Aéroport de Paris-Orly, a anticipé cet enjeu. « Jusqu’à présent, on a testé les choses, mais vraiment de manière très circonscrite pour vérifier que ça fonctionnait », a expliqué sa directrice générale déléguée, Justine Coutard.

Une fois le système pleinement appliqué, les contrôles pourraient être plus fluides à long terme grâce à l’automatisation, mais la phase d’adaptation risque d’allonger les délais, en particulier lors des pics de trafic.

Une organisation des aéroports repensée

L’application généralisée de ce système d’entrée-sortie (EES) implique aussi des aménagements matériels : des bornes d’enregistrement, des dispositifs de capture biométrique, une adaptation des circuits passagers. Les aéroports devront absorber ces nouveaux équipements sans créer d’ »embolie » dans les installations.

Pour éviter une saturation en pleine saison touristique, Paris défend une approche progressive. « On reste très partisans d’une approche progressive (…) et pour tout dire, on ne serait pas défavorables à ce que la mise en œuvre soit décalée plutôt après l’été 2026 », a affirmé Justine Coutard.

Au-delà de l’expérience immédiate des voyageurs, le système marque un tournant dans le contrôle migratoire. La centralisation des données permettra un suivi beaucoup plus précis des durées de séjour autorisées.

Reste à savoir à quel rythme cette transformation s’imposera dans les grands hubs européens, alors que la Commission européenne avait reconnu, fin janvier, que « le déploiement d’un système à une telle échelle représent[ait] une tâche complexe » mais a souligné que les pays européens disposaient de mesures de flexibilité jusqu’en septembre pour moduler son application en cas de difficultés. 

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