REPORTAGE – Traqués par les drones ennemis, frappés par l’artillerie et les missiles, ils s’accrochent dans leurs villes en ruine balayées par l’hiver glacial, pour contenir l’avancée des forces de Vladimir Poutine qui veulent faire main basse sur l’est de l’Ukraine.
L’aube pointe à travers la nuit glacée sur le front du Donbass. Il est 5 h 30 et la terre tremble déjà sous le fracas de l’artillerie et des missiles russes à Droujkivka, dans la région de Donetsk, où les forces du Kremlin poussent depuis Bakhmout pour tenter de prendre le nœud stratégique de Kramatorsk. Les hommes de la 93e division se réchauffent au coin du poêle, aspirant à petites gorgées un café brûlant, avant de quitter la chaleur relative de leur poste de commandement pour se jeter dans le froid d’une mission par – 20 °C. Concentrés sur l’objectif, revêtus de leurs tenues de camouflage blanches pour se fondre dans la neige, « Marpiah » et « Vassyl » (noms de guerre), deux soldats de la 93e, embarquent dans la vieille Zhigouli armés de leur fusil à pompe et kalachnikov. Contrairement aux 4 × 4 récents, la Lada de l’ère soviétique passe relativement inaperçue. Un soudain accès d’hilarité fait retomber la tension. « Eh ben putain, si on m’avait dit que la vieille bagnole de…
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