Bottes aux pieds, David Guy fait les 100 pas devant l’entrée de son restaurant. Il est près de 17 h, ce jeudi 19 février, et le gérant du Pont Saint-Armel, à Bruz, au sud de Rennes, est inquiet. Devant l’entrée de son établissement, de l’eau, parfois jusqu’aux chevilles. « Ça remonte de la bouche d’évacuation des eaux pluviales et elle se diffuse partout ». Pour accéder à la salle de son restaurant situé sur la route qui mène à Laillé, les bottes sont devenues un accessoire obligatoire.
Car si son bar-restaurant est encore au sec, la crue de la Seiche, située juste derrière, guette. Autour, les jardins sont inondés, comme le Parc de l’an 2000 à deux pas. Alors dès la fin de son service, sur les coups de 16 h, David Guy et son épouse Christelle ont pris les devants. « On a tout surélevé. Dans la salle, on a remonté les chaises et mis du mobilier sur des parpaings. Dans la cuisine, on a aussi remonté le congélateur et enlevé le lave-vaisselle. » Dans la cave, idem. « On a mis en marche une pompe depuis 13 h, sinon on aurait déjà de l’eau dedans. Et tout avait déjà été surélevé depuis une semaine ».
1,20 mètre d’eau et 135 000 € de dégâts
Les inondations, David et Christelle Guy connaissent. Installés à Bruz depuis 2006, ils ont subi de plein fouet la crue historique de la Seiche de janvier 2025. « On avait eu près d’un mètre au niveau du bar et 1,20 mètre dans la cave, ce qui nous avait contraints à fermer pendant deux mois. »
Pendant ce laps de temps, le couple a dû tout refaire, tout racheter, entre le mobilier, les équipements de cuisine et les pompes à chaleur. « On a opté pour des tables et chaises métalliques et pas en bois pour que ça ne pourrisse pas. Aux murs, on a installé des systèmes d’étagères sur équerres pour tout retirer facilement et on a acheté un four à gaz avec des pieds hauts ». Montant des travaux : 135 000 €, dont 35 000 € à leur charge.
« On ne peut pas faire plus »
Un an après, la perspective d’une nouvelle crue a donc de quoi inquiéter. « Il ne faudrait pas que ça recommence comme l’année dernière, la pérennité de l’établissement ne serait pas assurée », concède David Guy. Dont la prochaine nuit devrait être courte. « L’eau devrait monter jusqu’à 4 h du matin selon les estimations. Contrairement à l’an dernier, ça monte doucement, donc on ne devrait donc pas atteindre les niveaux de l’an dernier. » Dans le meilleur des scénarios, si la décrue s’amorce au petit matin, il espère donc pouvoir rouvrir dès ce vendredi midi. « De toute façon, on ne peut pas faire plus. Ici, l’eau, personne ne peut l’arrêter ».