Les chevaux, ici ceux de la Garde Republicaine, seront au coeur du Salon de l’Agriculture.

QUENTIN DE GROEVE / Hans Lucas via AFP

Les chevaux, ici ceux de la Garde Republicaine, seront au coeur du Salon de l’Agriculture.

EN BREF Faute de bovins en raison de la dermatose nodulaire, l’édition 2026 du Salon de l’Agriculture  va faire la part belle aux chevaux.
Les équidés occuperont une place centrale avec des spectacles de voltige et de dressage.
Les organisateurs espèrent qu’avec leur slogan « Venir c’est soutenir », ils vont convaincre les spectateurs d’apporter leur aide aux agriculteurs en difficulté.

La filière cheval a trouvé le succès sous les sabots des vaches. En l’absence de bovins, le Salon International de l’Agriculture (SIA) qui s’ouvre à Paris ce samedi 21 février aura pour vedettes les chevaux, ânes, mules et autres poneys. À l’origine de ce grand chamboulement : l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui a frappé les vaches françaises, conduisant les éleveurs à annuler leur venue à Paris.

Emmanuel Macron tablait sur une présence – même limitée – de bovins dans les allées du Parc des expositions de la Porte de Versailles, mais les pressions élyséennes ont été vaines. « Je vous confirme, il n’y aura pas de vaches », a répété le président du Salon Jérôme Despey le 10 février lors d’une conférence de presse. Le SIA « respecte [le] choix » des organismes de sélection de races bovines de ne pas participer, a-t-il déclaré.

L’absence de bovins reste une très mauvaise nouvelle pour les organisateurs, qui craignent une « hémorragie de visiteurs », comme le rapportaient Les Échos à la mi-janvier. En moyenne ces dernières années, le Salon de l’Agriculture a accueilli 600 000 visiteurs sur neuf jours. Les bovins étaient à chaque fois les stars de l’évènement, en témoigne la médiatisation des vaches « égéries » Oupette, Oreillette ou Ovalie.

Oupette était l’égérie 2025 du Salon de l’Agriculture.

BASTIEN ANDRE / Hans Lucas via AFP

Oupette était l’égérie 2025 du Salon de l’Agriculture.

« Le malheur des uns fait le bonheur des autres »

Si les éleveurs bovins ont de quoi faire grise mine, la filière cheval ne boude pas son plaisir. Dans la presse spécialisée, on anticipe déjà une édition 2026 avec des chevaux érigés en « stars », en « vedettes » et placés « sur le devant de la scène ». « Le malheur des uns fait bien souvent le bonheur des autres », assume le quotidien hippique Paris-Turf, qui donne la parole au président de la Filière Cheval, Olivier de Seyssel.

« Le cheval sera davantage représenté que les années précédentes », se réjouit-il auprès du média spécialisé, assurant que la presse « s’intéresse encore plus à la filière équine en l’absence de bovins ». « J’ai reçu beaucoup d’appels de journalistes qui me demandent de leur fournir des coordonnées d’éleveurs, poursuit-il, c’est très bien car cela va permettre de parler de la race équine dans toute sa diversité. »

La mise en avant des équidés est aussi relevée par la presse régionale. « Les chevaux comtois stars du Salon en l’absence des [vaches] montbéliardes », titre par exemple Le Progrès, tandis que France 3 Nouvelle-Aquitaine braque le projecteur sur des « chevaux de trait corréziens » Nirvana et Lapero qui « vont faire le voyage jusqu’à la porte de Versailles à [la] place » des « vaches limousines ».

Diplomate, le maire d’Arnac-Pompadou, d’où sont originaires les deux chevaux, assure avoir « une forte pensée » pour les éleveurs bovins de sa commune. « Il ne faut pas se réjouir du fait qu’elles [les vaches] ne soient pas là, a-t-il insisté auprès de France 3, j’en suis personnellement malheureux. »

Des spectacles de voltige, de dressage et d’attelage

En plus de leur pavillon traditionnel, le numéro 6, les équidés investiront largement le pavillon numéro 1 qui se « réinvente », comme l’expliquent les communications du SIA. « Habituellement réservé aux bovins et au Concours général agricole, il se transforme en grand ring équestre de 1000 m2 », détaille Le Bimsa, un bulletin agricole. « Pour la première fois, [le Salon] fera la part belle aux chevaux », abonde Le Dauphiné Libéré, auprès de qui la directrice du SIA, Valérie Le Roy, promet « deux spectacles de voltige par jour ».

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« Les chevaux entreront dans la lumière du pavillon 1 », salue pour sa part Cheval Magazine, soulignant que des « démonstrations, notamment de voltige, de dressage, de débardage et d’attelage s’y tiendront tout au long de la durée de l’évènement ». Sur son site, le Salon de l’Agriculture prévoit également « des parades et présentations d’ânes », mais aussi de « poney de sport ».

Toutes les publications équines mettent également en avant la venue du Cadre noir de Saumur le 24 février, la présentant comme un des « temps forts » de l’édition 2026. Il s’agit de « la plus belle compagnie de chevaux française », s’est réjoui Arnaud Lemoine, le directeur du Ceneca (l’organisateur du Salon) lundi au micro de RTL.

« Venir c’est soutenir »

Même s’ils prennent une place importante, les chevaux ne seront pas les seuls animaux présents Porte de Versailles. Dans son « guide du Salon de l’Agriculture », le média spécialisé La France Agricole annonce la venue de « 3 500 animaux » dont des chèvres, des moutons, des porcs ou encore des alpagas. Le « grand ring » du pavillon 1 accueillera également des compétitions et des démonstrations mettant en avant les ovins.

Avec l’absence des bovins, le Salon a aussi dû revoir son affiche. Comme vous pouvez le voir ci-dessous, la traditionnelle photo de la vache égérie de l’année a été remplacée par une mosaïque d’images mettant en avant des bovins et une éleveuse, le tout titré « Venir c’est soutenir » – le mantra de cette édition 2026.

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Dans un « contexte sanitaire et humain particulièrement difficile pour l’élevage », le compte Instagram de l’événement cherche à toucher les visiteurs à la corde sensible. « Plus que jamais, venir c’est soutenir : les filières, les territoires, les métiers… et celles et ceux qui nourrissent la France », est-il écrit. Le cheval est peut-être « trop génial », comme le martelait la Fédération française d’équitation, mais reste à voir si les équidés et les appels à la solidarité suffiront à sauver l’édition 2026 du Salon.