Un militaire tarbais est décédé des suites de ses blessures ce vendredi 20 février. Dans la nuit du 14 au 15 février, il avait été blessé par balle au cours d’une soirée « alcoolisée » à l’hôpital militaire de Percy où il était logé avec ses frères d’armes. Trois militaires du 35e régiment d’artillerie parachutiste ont été mis en examen.
C’est le gouverneur militaire de Paris, Loïc Mizon, qui a annoncé sa mort ce vendredi 20 février. Le décès du brigadier Alexandre Lanckbeen est survenu dans la nuit, après que ce dernier a été grièvement blessé par balle cinq jours plus tôt, dans la nuit du samedi 14 au dimanche 15 février, lors d’une soirée à l’hôpital militaire Percy de Clamart où il logeait avec plusieurs frères d’armes du 35e régiment d’artilleurs parachutistes de Tarbes. Des militaires tarbais mobilisés en région parisienne dans le cadre de l’opération Sentinelle.
Une tragédie qui n’est pas intervenue en mission mais lors d’une soirée « alcoolisée » qui a viré au drame selon les informations de l’AFP. La victime, atteinte le 14 février « d’un projectile de calibre de 9 mm à la tête », selon le ministère public, avait été conduite en urgence au bloc opératoire.
Suite à ces faits, trois militaires du 35e RAP de Tarbes avaient été mis en examen, mardi à Paris, dont l’un pour avoir tiré avec une arme sur un quatrième. En garde à vue, les militaires avaient expliqué avoir consommé de l’alcool lors de cette soirée du 14 février, « en dépit de la stricte interdiction de consommation d’alcool sur le site de l’hôpital des armées », a relevé le parquet. « Ils présentaient des taux d’alcool entre 0,17 g/L et 2,5 g/L dans le sang ». Selon les informations de l’AFP, les militaires auraient alors « joué » à tester la réactivité de chacun face à une arme tendue.
Un tir reconnu par le principal mis en cause, poursuivi dans un premier temps pour violences avec arme suivie d’infirmité permanente et pour violation de consigne par consommation d’alcool, mais « strictement accidentel » selon son avocat. « Mon client ignorait que l’arme était chargée » a confié Me Bellet à l’AFP. Des faits qui pourraient être requalifiés après le décès du brigadier.
Deux autres militaires sont poursuivis, eux pour blessures involontaires ayant entraîné une incapacité de travail supérieure à trois mois et ce par violation manifestement délibérée d’une obligation réglementaire de sécurité ou de prudence. Ils sont aussi mis en examen pour modification de l’état des lieux d’un crime ou délit pour faire obstacle à la manifestation de la vérité et pour violation de consigne par consommation d’alcool.
« Un soldat de grande valeur »
L’annonce du décès du brigadier Alexandre Lanckbeen ce vendredi a suscité une vive émotion au quartier Soult à Tarbes que l’artilleur parachutiste, célibataire âgé d’une vingtaine d’années, avait rejoint en 2024. « Il s’était distingué dès son arrivée par la volonté exemplaire de servir et avait même terminé major de sa promotion, confie-t-on au 35e RAP de Tarbes. Il exerçait les fonctions de servant pièce en batterie de tir. De par ses compétences, sa discipline et son dynamisme, c’était un soldat de grande valeur. » Sur ses réseaux sociaux, le 35e RAP adresse « ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches ainsi qu’à ses frères d’armes, et leur assure de son entier soutien dans cette épreuve ». L’enquête diligentée par le parquet de Paris se poursuit.