L’artiste photographe Aimée Hoving est à l’honneur jusqu’au 5 avril à la Galerie Focale de Nyon (VD) avec son exposition « Binding Roots ». Elle y explore les thèmes de la transmission invisible, familiale et génétique, dans une oeuvre aussi intime qu’esthétique alliant force et délicatesse.

Née en Belgique en 1978, Aimée Hoving a grandi en Suisse. Diplômée de l’ECAL (École Cantonale d’Art de Lausanne), la photographe d’origine hollandaise explore des thèmes profonds tels que la transmission familiale, les origines et le lien avec la nature. Son oeuvre est imprégnée d’une très grande précision et d’un souci du détail. « C’est très important que les images qui sont dans ma tête ressortent sur le médium papier. Mon travail est extrêmement esthétique. Il faut que ce soit parfait », indique-t-elle dans l’émission Vertigo du 12 février.

A la Galerie Focale de Nyon, l’exposition « Binding Roots » se fait l’écho du jardin intérieur de l’artiste et présente deux séries de son travail: « Inflorescence » et « Family Affair ». Le titre de l’exposition, « les liens enracinés » en français, évoque la dualité des racines – celles de la famille et celles des arbres – ainsi que les liens qui unissent le public à l’œuvre.

La transmission familiale et génétique

Le fil rouge des photographies d’Aimée Hoving dans l’exposition « Binding Roots » est la transmission invisible, familiale et génétique. Parce que l’artiste est porteuse d’une mutation génétique, BRCA1, qui augmente le risque de cancer, son travail interroge la manière dont on peut contrôler ou préparer une telle transmission. « [Cette mutation génétique] déclare des cancers à des âges très jeunes, à des femmes essentiellement. L’idée dans ce travail était vraiment de sublimer quelque chose qui est brisé », explique l’artiste.

Cette réalité se reflète dans ses œuvres, où Aimée Hoving cherche à créer une « aura protectrice » pour ses enfants. L’artiste travaille en effet principalement avec les membres de sa famille, mais aussi avec des fleurs et des végétaux, et utilise la lumière naturelle pour ses photographies. Elle utilise la broderie, notamment du fil d’or, pour représenter des mastectomies sur des images, transformant la fragilité en une forme de réparation et de contrôle.

Une vue de l'exposition "Binding Roots" d'Aimée Hoving. [Galerie Focale - ANNE GALLOT] Une vue de l’exposition « Binding Roots » d’Aimée Hoving. [Galerie Focale – ANNE GALLOT] Des images alliant force et délicatesse

L’exposition « Binding Roots » d’Aimée Hoving offre à voir des images magnétiques, intimes, empreintes de féminité, alliant force et délicatesse.

L’artiste qui vit et travaille à Coppet (VD), a reçu un Swiss Design Award et un Leenaards Foundation Award. Son œuvre se caractérise par la suppression des couleurs de ses natures mortes photographiques, qu’elle ressuscite ensuite avec des pastels, de l’encre et de la broderie.

Propos recueillis par Layla Shlonsky

Adaptation web: ld

Aimée Hoving, « Binding Roots », Galerie Focale, Nyon (VD), jusqu’au 5 avril 2026.