Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a recommandé de ne pas se rendre aux rassemblements d’hommage au militant nationaliste Quentin Deranque prévus samedi ni « d’y associer » le parti, en raison du profil des organisateurs et du risque d’« affrontement », selon une lettre à ses cadres consultée par l’AFP vendredi.
Samedi, une marche d’un peu plus d’un kilomètre est organisée à Lyon. Malgré des appels à interdire le rassemblement, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a affirmé vendredi sur RTL qu’il n’irait pas dans le même sens, faisant valoir qu’il se doit de protéger l’ordre public mais aussi « la liberté d’expression ». La marche, autorisée, sera encadrée par un « dispositif policier extrêmement important », a-t-il dit.
XX
« Les organisateurs de ces rassemblements sont multiples, incertains, quand ils ne sont pas inexistants en relevant de la mobilisation spontanée sur les réseaux sociaux », écrit-il dans ce message, ajoutant que les proches de Quentin Deranque ne sont a priori « à l’initiative d’aucun d’entre eux ». « La volonté de confrontation de l’extrême gauche avec ces rassemblements semble intacte », ajoute-t-il.
[2/2] Le « chat » : un insaisissable violeur en série
Quelques minutes plus tard, interrogé par BFMTV, Jordan Bardella explique que comme il a toujours fait « le RN ne participe pas à des manifestations avec lesquelles nous n’avons pas de liens directs avec les organisateurs ». « Je suis responsable de la sécurité des élus et des députés du Rassemblement national », partage-t-il.
« Certains organisateurs (…) que nous refusons de côtoyer »
L’agression mortelle de Quentin Deranque, le 12 février à Lyon, a provoqué une tempête politique, un collaborateur du député LFI Raphaël Arnault étant mis en cause et placé en détention provisoire.
« Certains organisateurs, indéniablement liés à l’ultradroite et que nous refusons de côtoyer par cohérence avec notre ligne réaffirmée cette semaine, recherchent également l’affrontement », continue Jordan Bardella dans son courrier.
« Nous vous demandons, sauf situation locale très particulière et strictement encadrée (hommage rendu par une municipalité, par exemple), de ne pas vous rendre à ces rassemblements ni d’y associer le Rassemblement national », dit-il.
L’organisation de rassemblements samedi provoque des inquiétudes dans ce climat sous haute tension. Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, a réclamé l’interdiction d’une marche dans sa ville, en évoquant « des risques avérés de troubles à l’ordre public ».
La marche sera encadrée par un « dispositif policier extrêmement important »
Le coordinateur national de la France insoumise (LFI) Manuel Bompard a également demandé que ce rassemblement ne soit pas autorisé.
Cette marche est « prévue pour être une véritable démonstration fasciste dans les rues », a-t-il écrit sur X. « Plus de 1 000 néonazis de toute l’Europe sont annoncés dans une volonté de vengeance mortifère. Cela représente une véritable menace pour les habitants », a-t-il ajouté.