Par

Margot Nicodème

Publié le

20 févr. 2026 à 17h20

L’affaire fait couler de l’encre, et les interrogations sont plus nombreuses que jamais. Que s’est-il passé dans la tête de cet homme aujourd’hui âgé de 60 ans, qui a violé son fils en situation de handicap et sa petite chienne Sultane ? Retour sur des faits hors-normes, qui ont mené à la condamnation de cet habitant de la métropole de Lille (Nord), mi-février 2026. 

« Les sévices graves sur animal sont d’habitude jugés devant un tribunal correctionnel »

L’accusé évoluait certes dans un milieu précaire, avait une addiction à l’alcool, mais il n’en restait pas moins inséré dans la société. Son casier judiciaire était vide au moment de son arrestation, courant 2023, et les expertises psychologiques n’ont mis en lumière aucune altération du jugement.

2023, c’est l’année de basculement : son fils le filme et le photographie sodomisant la petite femelle. Les autorités sont alertées, et elles découvrent bientôt que l’individu n’a pas seulement pris pour habitude d’abuser de l’animal, il a aussi violé son enfant. Le même jeune homme qui l’a dénoncé, porteur de handicap et âgé d’une vingtaine d’années. 

À la cour criminelle de Douai il y a quelques jours, il était jugé pour les viols des deux victimes. Il était en détention provisoire depuis son interpellation, il y a 3 ans. Me Gabriella Doze a fait valoir les droits de Sultane, le Jack Russell, en représentant la Ligue protectrice des animaux (LPA) du Nord. L’association a recueilli l’animal, l’a soigné et confié à une famille aimante depuis les faits. 

« Les sévices graves sur animal sont d’habitude jugés devant un tribunal correctionnel, explique Me Doze. Les actes commis sur le jeune fils ont contribué à porter les faits devant la cour criminelle. » Le type de maltraitance imposée à Sultane, pendant 6 ans, est passible de 4 ans de prison et de 60 000 € d’amende, fait savoir l’avocate.

Interdiction à vie de posséder un animal

Les 10 ans de prison dont a écopés le sexagénaire couplent les deux peines, pour les sévices imposés au fils en situation de handicap et à la chienne. L’homme a aussi été condamné à une obligation de soins, à indemniser les victimes (l’argent pour le préjudice de Sultane ira à la LPA) et a interdiction définitive de détenir un animal.

Me Doze donne des nouvelles de Sultane.

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Elle a été soignée par la LPA, car elle avait des problèmes de santé. Elle a été placée dans une bonne famille, mais conserve des séquelles comportementales. Elle a notamment peur des hommes.

Me Graziella Doze, avocate pour la LPA.

L’avocate s’est spécialisée dans la défense de la cause animale, et intervient régulièrement pour le compte de la LPA, ou d’autres associations. Dans cette affaire si spéciale, « j’ai insisté sur le fait que les victimes étaient toutes les deux des êtres vulnérables. Cela montre le lien qui peut exister dans les foyers entre maltraitance sur les personnes et maltraitance sur les animaux. » 

L’accusé a lui-même reconnu à la barre qu’il violait la petite chienne « depuis 2017 », soit une année après qu’il l’eut adoptée. Tout manquement à son suivi socio judiciaire à sa sortie de prison lui fait encourir une peine de 2 ans ferme supplémentaires.

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