Ce vendredi 20 février, le tribunal correctionnel de Marseille a rendu son délibéré après trois semaines d’audience durant lesquelles les magistrats ont examiné un dossier de trafic d’armes entre la Corse, la Suisse et la Sardaigne.

Au total, seize personnes ont été condamnées et six autres relaxées, parmi lesquelles Joseph Mocchi qui a toujours contesté une quelconque implication dans ce dossier.

Appien Coti, un Proprianais considéré comme étant à l’origine de ce trafic, a écopé de la peine la plus lourde, soit six ans alors que le procureur avait sollicité dix années. À l’audience, le prévenu n’a cessé de répéter qu’il n’était qu’un « collectionneur », un « passionné ».

La décision rendue, tant sur le quantum des peines que sur les déclarations de culpabilité, est très éloignée du réquisitoire du procureur qui avait demandé de lourdes peines à l’encontre de l’intégralité des prévenus.

Un logiciel espion à l’origine de l’enquête

Lundi 16 février, le procès avait connu un moment d’audience, un coup de théâtre. À la barre, Appien Coti avait revendiqué l’usage d’une cave remplie d’armes et d’explosifs qui avait été découverte quelques jours plus tôt à Propriano par les gendarmes de la section de recherches.

Il assurait devant ses juges que ce même box était relié à l’affaire jugée. Les trois magistrats professionnels qui composent le tribunal avaient décidé de ne pas renvoyer l’affaire, comme le demandait la défense.

Pour rappel, les gendarmes de la section de recherches, dans le cadre d’une autre enquête, portant sur des destructions de bien par moyens dangereux visant un commerce de Propriano entre 2020 et 2021, avaient décidé d’utiliser un logiciel espion pour tenter de confondre les hommes qu’ils suspectaient d’être à l’origine de ces attentats, notamment Appien Coti. Cette méthode d’enquête, pour le moins inédite dans une affaire de ce type, avait conduit les militaires sur la piste de ce trafic d’armes.

Les peines prononcées

Appien Coti : 6 ans de prison ferme, 30 000 euros d’amende.

Dominique Pietri : 5 ans ferme

Alexandre Carestiatto : 4 ans ferme

Bertrand Dubois-Dit-Cossandier : 5 ans dont 3 ans avec sursis probatoire

Maxime Marcon : 3 ans dont 2 ans avec sursis

Dominique Paoli : 3 ans dont 2 ans avec sursis

Carlo Schmitt : 3 ans dont 2 ans de sursis

Pierre-Louis Bernardini : 12 mois ferme

Paul-Joseph Ettori-Secondi : 18 mois ferme

Jean-Paul Mondoloni : 15 mois de sursis

Vannina De Peretti : 15 mois de sursis

Don-Jacques Serreri : 12 mois de sursis

Éric Colombani : 12 mois de sursis

Harun Tyriak : 10 mois de sursis

Stéphane Koch : 8 mois de sursis

Georges Quiquerez : 2 ans de sursis probatoire

Paolo Cuccu : Relaxe

Joseph Mocchi : Relaxe

Théophile Mondoloni : Relaxe

Camille Mondoloni : Relaxe

Claude Planel : Relaxe

Baptiste Chiapello : Relaxe