C’est un espace qui pourrait ressembler à un terrain de handball. Ici, pas de cages, ni de filets ou de lignes au sol. Mais des tonnes de déchets. Dans ce décor désolant, s’il y a bien des ballons, ce sont ceux des minots du Ruisseau Mirabeau, quartier du 15e arrondissement coincé entre la plateforme logistique de l’AP-HM et la société de transports Dachser. Ils vivent autour de cet immense dépotoir, dans des pavillons du bailleur social CDC Habitat.

« Avant, il y avait des caravanes, mais depuis 2015, c’est devenu une décharge sauvage dans laquelle nos petits se blessent sans arrêt, déplore Ilham Khafi, qui vit juste en face et montre les cicatrices sur le visage de l’un de ses deux fils. Ça fait des années qu’on le signale, que l’on pointe du doigt les dangers que cela représente pour notre santé et même pour notre vie. »

Outre bouts de verre et clous rouillés, les habitants y ont, par exemple, découvert « une cargaison entière de poulets périmés, l’odeur était horrible ». Les pneus, gravats, bouteilles de gaz ou bonbonnes de protoxyde d’azote sont en grande partie calcinés, témoins d’incendies à répétition, comme le sont les clôtures fondues des maisons.

« On calfeutre nos portes et fen