Dans la nuit fraîche de ce mois de mars 2024, peu après 2 h du matin, les policiers de la Brigade anticriminalité sont venus délivrer Margaux*. La jeune prostituée de 17 ans attendait le client sur le boulevard Sakakini. Peu de temps auparavant, elle avait pu récupérer son téléphone pour la première fois depuis quatre jours. Margaux avait contacté l’éducateur du foyer de Poitiers dont elle était en fugue, qui avait prévenu la police. La géolocalisation de son smartphone avait fait le reste.

Ce mercredi 17 février, l’histoire de Margaux est venue s’échouer à la barre du tribunal correctionnel de Marseille, vaguelette d’un immense tsunami, celui d’une prostitution des mineurs en augmentation exponentielle à travers l’Hexagone. Dans le box des prévenus, trois hommes soupçonnés de l’avoir forcée à se vendre : Zakaria N., le « proxénète en chef », et deux supposés acolytes, Ahmed B. et Karim S., soupçonnés d’avoir pris en charge l’adolescente, de l’avoir « protégée » pendant les passes et d’avoir récupéré l’argent. Une troisième prévenue pour les mêmes faits, Amel M., ne s’est pas présentée au procès.

Recrutée par Snapchat depuis la prison de Valence

Zakaria N., dans ce procès, occupait une pl…