On aurait préféré disserter sur la magie olympique qui se dissipera ce dimanche soir. Revenir sur ces instantanés enneigés, emplis de fraternité et de fair-play, que laisseront dans les mémoires les JO de Milan-Cortina. On ne le fera pas.

L’actualité autorise décidément bien peu de respirations, et le sport n’échappe pas à la règle. Les événements intervenus vendredi soir au stade Marcel-Picot, lors de la rencontre de Ligue 2 entre Nancy et Grenoble, représentent ainsi une nouvelle étape franchie, à la fois dans la rivalité aveugle entre groupes de « supporters » et dans l’entreprise de destruction méthodique de l’image du football.

Le club de Nancy doit s’interroger clairement sur ses propres manquements et responsabilités

Planquer des fumigènes en les scotchant sous les sièges des adversaires honnis et les déclencher à distance en plein match : voilà la contribution que semblent avoir apportée quelques Nancéiens au concours Lépine. Ce qui soulève une question cruciale : comment ont-ils pu avoir accès aux tribunes pour installer tranquillement leur dispositif ? Il s’agirait d’y répondre, et vite, car on peut imaginer qu’un matériel autrement plus dangereux pourrait être dissimulé ainsi. Le club de Nancy, certes victime collatérale, doit toutefois s’interroger clairement sur ses propres manquements et responsabilités.

En attendant que toute la lumière soit faite sur cet épisode aussi navrant qu’inquiétant, au lieu de s’occuper des coupables, on préfère penser aux victimes. Aux supporters de Grenoble. Aux joueurs. Et surtout, alors que la menace d’un nouveau huis clos « longue durée » plane, à ces milliers de personnes qui aiment l’ASNL. Ces supporters pris en otage. Ces retraités, ces femmes, ces hommes, ces couples, ces familles. Ces enfants aussi, bientôt à nouveau privés de stade. Tandis que leur flamme est supposée grandir, c’est leur passion qu’on assassine. Les privant de ce qui devrait accompagner toute personne se rendant dans une enceinte sportive : le sourire et l’insouciance.